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Société

64 milliards pour solder les dettes sociales : l’État règle ses dettes !

IMG Les retraités gabonais perçàivent depuis ce mardi 2 avril leurs arriérés de pensions.

Après une décennie de trous de mémoire budgétaires, l’État gabonais  a décidé de solder sa dette envers ses fonctionnaires et retraités. Sous l’impulsion du Président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, le gouvernement a décidé de décaisser près de 64 milliards de francs CFA pour régler les arriérés de soldes et de pensions. Miracle ou simple réveil brutal après un long sommeil fiscal ?

 

Quand l’État joue au banquier amnésique

Pendant dix ans, les retraités ont patiemment attendu que leurs pensions soient complètes, comme des jardiniers regardant un baobab pousser. Les fonctionnaires, quant à eux, ont vu leurs arriérés s’accumuler comme une pile de dossiers oubliés dans un ministère surclimatisé. Et puis, soudainement, un éclair de lucidité frappe le Palais Rénovation : « Tiens, on devait de l’argent à ces braves gens ! »

Le calendrier annoncé est précis : le 31 mars 2025, les retraités du secteur public toucheront leur dû (ou du moins, la deuxième tranche, car le premier versement avait déjà eu un goût d’inachevé). À partir du 7 avril, les fonctionnaires en activité verront enfin leurs comptes bancaires sourire à nouveau. Un geste que l’on nous vend comme un acte de justice sociale, mais qui ressemble davantage à une opération de colmatage en urgence.

 

L'honneur de l'État en jeu... enfin !

« Ces dettes ne sont pas qu’une affaire de finances. Elles touchent à l’honneur de l’État et au respect dû à ses serviteurs », a déclaré un porte-parole de la présidence. Il était temps de s’en rendre compte. Pendant des années, l’État a eu le même rapport aux arriérés que certains automobilistes avec leurs contraventions : on sait qu’on doit payer, mais on repousse toujours à plus tard.

 

En débloquant ces fonds, le gouvernement espère calmer les tensions et restaurer un semblant de confiance entre l’administration et ses agents. Mais après tant d’années de grèves, de revendications et de promesses jamais tenues, les fonctionnaires, prudents, ont appris à ne plus applaudir trop vite.

 

Une victoire syndicale… ou un os à ronger ?

Côté syndicats, c’est un mélange de satisfaction et de scepticisme. « Enfin, l’État regarde ses fonctionnaires dans les yeux ! », s’enthousiasme un représentant. Certes, mais pour combien de temps ? Ce paiement sonne comme une victoire, mais il pose aussi une question cruciale : comment a-t-on laissé la situation pourrir aussi longtemps ?

 

Si l'on en croit les experts, ces arriérés n’étaient pas qu’un simple problème comptable. Ils symbolisaient une gestion budgétaire chaotique, des arbitrages douteux et un État qui oublie trop souvent qu’un salaire, ça se paie à la fin du mois, pas dix ans plus tard.

 

Et maintenant, on fait quoi ?

Le versement de ces 64 milliards ne suffira pas à faire oublier une décennie de négligence. Certes, les retraités et fonctionnaires souffleront un peu, mais la grande question demeure : l’État a-t-il enfin appris à faire ses comptes à temps, ou devra-t-on attendre 2035 pour régler les prochaines dettes sociales ?

 

En attendant, pour les bénéficiaires, la seule certitude est qu’il faudra surveiller leurs virements bancaires avec la même attention qu’un professeur corrigeant une copie douteuse. Car au Gabon, entre l’annonce et la réalité, il y a toujours un gouffre que seule la patience peut combler.

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