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Investigation

100 millions de Fcfa extorqués à un opérateur économique : des magistrats "ripoux" et un responsable du B2 impliqués dans le scandale !

IMG Me  Jean Paul Moumbembe dénonce une mafia organisée.

L’affaire ressemble à un thriller bancal, mais ne vous y trompez pas il s’agit bien d’une affaire réelle qui se déroule  au  Gabon et notamment à Port-Gentil. Elle met en évidence la défaillance du système judiciaire, mais surtout la corruption qui gangrène l’appareil censé rendre la justice au Gabon. De quoi est-il question ?  Il s’agit d’un opérateur économique, autrefois responsable du syndicat autonome des pétroliers (SAP), qui s’est fait extorquer la somme de 100 millions de Fcfa par des magistrats véreux et un responsable de l’antenne Port-Gentil de la direction générale de la contre ingérence et de la sécurité militaire couramment appelée (B2).

 

Les faits

Courant de l’année 2023, dans le cadre de ses responsabilités syndicales à la tête du SAP, Patrick Yenou doit exécuter une décision de justice qui consiste à reverser aux employés de l’entreprise 3MA leurs salaires. Lesdits salaires sont, préalablement  reversés par l’entreprise à la structure syndicale. Une décision exécutée par le responsable du SAP sans qu’il n’y ait  le moindre souci. Jusqu’au jour où le responsable  de l’entreprise 3MA, sieur Moon Moundele,  décidé d’intenter  à l’encontre Patrick Yenou, une plainte pour «  Non-exécution d’une décision de justice. »

 

Le 31 juillet 2023, le syndicaliste est immédiatement arrêté par l’antenne Port-Gentil du B2. Il est entendu sous procès verbal avant d’être jeté dans une cellule insalubre de cette unité des forces de défense et de sécurité. Patrick Yenou ne comprend rien à ce qui se passe. Il démontre, preuves à l’appui,  que la structure syndicale qu’il dirigeait (le SAP) avait déjà commencé à exécuter l’Arrêt du 17 juin 2021  du tribunal.  Rien n’y fait, le responsable de la société 3MA accuse ouvertement sieur Yenou Patrick d’avoir détourné la somme de 395 millions de Fcfa.

 

L’extorsion de fond

 

Yenou Patrick va passer plusieurs jours dans les locaux du B2.  A la suite des pressions exercées à son encontre, il cède à la demande qui lui est faite de payer la somme de 100 millions de Fcfa pour qu’il soit remis en liberté. Le Chef d’antenne du B2 lui déclara, qu’après discussion avec le parquet de la République et, pour envisager sa liberté, il devait consentir à donner la somme de 150 millions de Fcfa. Sous l’effet de la pression, l’homme d’affaires va consentir à verser la somme de 100 millions.  Ladite somme va être remise en mains propres au Chef d’antenne B2 de Port-Gentil comme caution en vue de la liberté de Yenou Patrick.  Le patron du B2 donne les garanties que cet argent devait être présenté lors du déferrement comme éléments faisant partie des pièces à conviction.  Chose qui ne sera jamais faite !

L’argent a disparu

 

Après déferrement de l’affaire au parquet et la présentation des faits, Patrick Yenou va obtenir « un avis de classement du Procureur de la République en date du 3 novembre 2023 ».  Sauf que les 100 millions versés comme caution ont disparu.  Il sollicite que cet argent lui soit restitué mais en vain. Où est passé l’argent ? Les magistrats et le responsable de l’antenne du B2 ne sont plus capables d’apporter une réponse claire  à cette interrogation. Immédiatement, l’opérateur économique porte plainte « pour dénonciation calomnieuse et extorsion de fond » contre sieur Moon Moundele, le responsable de la société 3MA.

 

Une plainte qui va rester sans suite jusqu’en mai 2024. Les magistrats solidaires dans le « crime » et « la corruption » bloquent-ils l’évolution du dossier ?  Pour Me  Jean Paul Moumbembe, c’est certainement le cas. L’avocat de Patrick Yenou écrit  à l’inspecteur général des services judicaires pour dénoncer les agissements des magistrats en charge du dossier. «  A ce jour, nous constatons, pour le déplorer qu’il n’y a depuis lors, aucune avancée significative et que le dossier semble avoir été mis sous les coudes » fustige-t-il. Avant d’interroger : N’existe-t-il plus cette procédure qui permet d’auditionner des magistrats et des officiers de la Police judiciaire ? Serait-on ici en face d’une solidarité des magistrats au détriment du principe d’une justice équitable ?  Pourrait-on parler de demie justice ?

 

(Affaire à suivre)

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