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Melen : un hôpital agonisant !

IMG L' hôpital de Melen tombe en ruine.

Au Gabon, on sait honorer les grandes figures de la République. On érige des stèles, on célèbre des bâtisseurs comme le Dr Marcel Eloi Rahandi Chambrier… et on laisse mourir à petit feu l’hôpital régional de Melen, là où ces mêmes bâtisseurs auraient voulu que la vie triomphe.

 

Le Large Rassemblement Arc-en-ciel (LRA) n’y va pas par quatre chemins : « Honorer la mémoire d’un bâtisseur devient grotesque lorsqu’on laisse se détruire ce qu’il aurait défendu », claque le président du parti, le Dr Stephane Germain Iloko Boussengui. Et que dire de ce Centre hospitalier régional, pivot de la santé dans l’Estuaire, qui ressemble davantage à un décor de film post-apocalyptique qu’à un lieu de soins ?

 

Les infrastructures s’effondrent, les routes internes sont de véritables pièges mortels pour patients et brancards, et les bâtiments de gériatrie ou de la maison d’accueil des malades mentaux tombent en ruine. Le matériel médical ? Une relique d’un autre siècle. Les outils de diagnostic ? Invisibles. Le personnel ? Épuisé, débordé, contraint de jouer aux super-héros dans un environnement indigne. « Ici, soigner est un miracle quotidien », ironise un médecin. On pourrait presque suggérer à l’État de transformer Melen en musée de la médecine antique, tant il semble plus facile de contempler les ruines que d’y travailler.

 

Le paradoxe est cruel. Pendant que l’on parle de « Cités Émeraude » et de projets futuristes, les habitants de Melen regardent leurs proches âgés ou leurs malades mentaux franchir les portes de l’hôpital avec l’espoir de soins… pour repartir avec un ticket de loterie médicale. Ici, l’État pratique l’art du spectacle : stèles, inaugurations, discours pompeux… mais les patients, eux, restent sur le carreau.

 

L’analyse est sans appel : cet abandon est un scandale de gestion publique. L’hôpital de Melen est la preuve criante qu’on préfère la vitrine à la vie, l’apparence au réel. La République honore ses héros avec des plaques en marbre, mais oublie de protéger les vivants, laissés à la merci de la poussière, des fuites d’eau et des diagnostics impossibles.

 

Le LRA tire la sonnette d’alarme : réhabiliter Melen n’est pas une option, c’est une urgence. Moderniser les infrastructures, doter l’hôpital des outils nécessaires, renforcer le personnel : autant de mesures indispensables pour que l’hôpital cesse d’être un symbole tragique et redevienne un lieu où la vie a une chance. Car au Gabon, honorer les morts, c’est bien. Mais soigner les vivants, c’est impératif. Et qu’on se le dise : la République qui laisse un hôpital dépérir tout en multipliant les stèles et les effets d’annonce n’est pas en marche vers la modernité… elle recule vers l’absurde.

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