Dr Fortuné Matsiegui Mboula.
Le contexte social actuel est marqué par des fortes perturbations du système éducatif (primaire et secondaire et du Gabon). Un mouvement de contestation majeur et national des enseignants, commencé le 05 janvier 2026 perturbe le bon déroulement des enseignements. Les raisons sont nombreuses et peuvent être regroupées en deux catégories : structurelles et conjoncturelles.
De façon générale, ces différentes raisons montrent que la condition de l’enseignant a besoin d’être prise en compte, revue et reconnue. Les conditions matérielles et immatérielles qui entourent la vie des enseignants méritent qu’on y jette un regard, ne serait-ce que parce que les enseignants, dans leur exercice, sont des maillons importants de la production et de la reproduction de la société par le savoir qu’ils véhiculent.
Ce constat de l’enseignement vaut bien aussi pour tous les autres domaines de la vie sociopolitique où des acteurs contribuent à faire vivre le pays. S’ils œuvrent que pour le pays se stabilisent, il est naturel que le pays leur soit reconnaissant en leur garantissant certains droits afin qu’ils mènent une vie décente.
Dans son projet de société et en son pilier 4 (Capital humain et Justice sociale), le Président de la République, Chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema avait déjà anticipée cette situation et a, dès que l’occasion se présente, marqué une volonté ferme de répondre aux questions qui lui sont posées.
S’il a parlé de capital humain et de justice sociale, dans son projet de société, c’est parce qu’il a observé que les nombreux pouvoirs politiques qui se sont succédés depuis 1990 n’ont pas toujours, de façon collective, privilégiés le travailleur et ses conditions socioéconomiques de vie. Ces différentes situations, accumulées au fil du temps, expliquent aujourd’hui, la radicalité du mouvement de l’éducation nationale. Ce mouvement qui va même jusqu’à rende illégitimes ses habituels représentants souhaite changer ses élites afin de poser les mêmes problèmes avec une voix et une confiance renouvelées.
Notons aussi qu’à l’observation des différentes positions, ce mouvement est traversé ou instrumentalisé par d’aucuns dont l’objectif n’est pas la poursuite de l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants mais soit, un maintien de position de pouvoir, soit une déstabilisation de toute la société gabonaise pour remettre en cause une transition politique (presque parfaite selon l’expression de F. Gaulme et Y. Melly), rarement menée, dans toute l’Afrique subsaharienne. Encore une fois, de nombreuses universités occidentales, de nombreux parlements occidentaux, cherchent l’explication d’un tel succès. Les jours à venir verront des délégations occidentales venir au Gabon pour comprendre ce qui s’est passé ou des équipes de spécialistes gabonais vont tourner le monde pour apporter « la bonne nouvelle ».
Depuis que le Président de la République, Chef de l’Etat, a été élu en avril 2023, et même bien avant, pendant la transition, la porte du dialogue n’a jamais été fermée. Dès qu’il a l’occasion de parcourir le pays, il n’hésite pas à le faire, c’est pour écouter, prendre la température, observer. Cela lui a permis de constater les difficultés profondes qui sont les nôtres.
Ainsi dès que cette crise s’est présentée, il a donné instructions au Gouvernement, par la voix du Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, de rencontrer les responsables pour des négociations. Les choses sont en train de se mettre en place, au-delà de quelques points d’achoppement. Dès le 6 janvier, une commission tripartite s’est mise en place regroupant le Ministère de l’Enseignement Supérieur, le Budget et la Fonction Publique, pour éplucher minutieusement ces questions de conditions de vie et de travail des enseignants. Pour tous ceux qui n’ont pas d’autres agendas et qui sont soucieux de l’avenir de nos enfants et du Gabon, à en point douter, la volonté est à la résolution de cette crise.
Par anticipation, le mardi 20 janvier, le Président de la République, Chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu une délégation des évêques de la Conférence Episcopale du Gabon, le mercredi 21 janvier, il a reçu les responsables du monde de la santé. Le 22 janvier, Jean Gaspard Ntountoume Ayi, est nommé médiateur de la crise de l’Education nationale. Le vendredi 23 janvier, il a devisé avec les syndicats de l’Enseignement supérieur.
Les rencontres avec ces personnes ressources, ces leaders d’opinion, trouveront des solutions plausibles si tout le monde a à cœur d’avancer. Un haut responsable de l’Etat notait ce qui suit : « Les choses iront de mieux en mieux, les solutions existent. Il faut qu’elles soient collectives et qu’on établisse un ordre de priorité. La première chose à faire est d’abord de gérer la partie administrative et après, on s’occupe du reste ».
Le Président de la République, Chef de l’Etat rencontrera les gabonais dès que cela sera nécessaire parce que lorsqu’il a pris le pouvoir, il a promis de le faire. Il savait que la situation n’allait pas être facile. Les problèmes structurels que connaissent plusieurs secteurs de la vie sociale ne datent pas d’aujourd’hui. Nous l’avons dit plus haut. Son courage est de s’attaquer à ces problèmes avec les moyens qui sont les siens, dans un contexte particulier très difficile et avec une partie de l’opinion publique qui n’arrête pas de salir son image, ses réalisations même lorsqu’elles sont évidentes.
De nombreux analystes devraient, par exemple, discuter des enjeux de la construction de la « Cité Eméraude » ou de ceux de la « Cité de la Démocratie », ils y verraient que derrière cette construction s’y cachent plusieurs aspects de la souveraineté nationale et notamment celui de sortir de l’Etat gabonais de sa situation de locataire dans son propre territoire. Le Chef de l’Etat est en train de tourner le pays vers l’avenir mais certains compatriotes veulent détourner cette vision en rabaissant les discussions vers des querelles des personnes.
Leur objectif est de profiter de l’ignorance de la masse pour distiller des messages mensongers, comme celui qui dit que la trentaine des gabonais envoyés en Australie pour être formés ont tous été recalés, faute de niveau. La vérité est ailleurs. Tous ont réussi leur test de langue. Ils sont revenus au pays pour prendre des visas long séjour correspondant à, au moins une année scolaire en Australie. Ce fake news ne vise qu’une chose : discréditer le pays et le système éducatif gabonais qui, bien qu’il connaisse des dysfonctionnements (infrastructures, échec scolaire, budget), a aussi ses forces : accès élevé, politiques éducatives intéressantes, qualité des enseignants. Selon le Magazine Conjonctures de décembre 2024, avec un indice de 0.517, le Gabon, fait partie du top 10 des pays africains avec les niveaux d’éducation les plus élevés en 2024, et plus précisément la 6ème place.
L’idée de certains, qui ont géré l’Etat gabonais, tapis dans l’ombre, au Gabon et en Occident est qu’il faut saboter, détruire tout ce que touche le Président Brice Clotaire Oligui Nguema. Pour eux, il ne doit pas réussir son mandat au risque de mettre en lumière leurs propres carences, faiblesses et incompétences. La réussite du Chef de l’Etat va éclairer sur l’objectif qu’ils avaient de s’approprier le pays, de le vendre au détail pour leur jouissance personnelle.
Les attaques personnelles, obscènes, ingrates, malveillantes et byzantines, le discrédit jeté sur le pays, ne font pas de la politique et ne peuvent pas nous sortir de la situation d’impasse dans laquelle d’aucuns veulent nous plonger. Dans le meilleur de cas, ils renseignent sur le niveau moral, intellectuel et psychologique des élites qui ont hérité du pays comparativement à celui des élites des années 1990-2009.
Qu’à cela ne tienne en cherchant à prendre de la hauteur et à dialoguer, le Chef de l’Etat cherche aussi à resserrer notre contrat social pris lors de l’élection. Il s’agit de créer un corps social et politique légitime garantissant la paix et la coexistence pacifique. Dialoguer, c’est écouter, c’est convaincre, c’est se reconnaitre, c’est se comprendre, c’est se faire confiance et se pardonner. Enfin dialoguer, c’est taire les passions lorsque c’est nécessaire pour fumer le calumet de la paix et fêter la paix des braves avec des personnes qui n’ont pas un langage de duplicité.
Dr Fortuné Matsiegui Mboula
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