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Pourquoi Kémi Seba charge les leaders de l’AES et la Russie

Stelio Gilles-Robert Capo-Chichi alias Kémi Séba a été arrêté le lundi dernier  avec l’un de ses fils, Rousseau Seba Capo-Chichi,  âgé de 18 ans. Ils étaient en compagnie du sud-africain François Van Den Berghe. Les trois hommes ont été interpellés à l’intérieur du Brooklyn Mall,  l’un des centres commerciaux de   la capitale sud-africaine.

Au départ, la police sud-africaine  en exploitant les informations de certains de leurs indicateurs, croyait avoir à faire à un  réseau de clandestins. Des soupçons de la police renforcés par le fait  Kemi Seba ait remis la somme de 250 dollars, soit environ 8.500.000 francs, à François Van Den Berghe, un blanc sud-africain, pour l’aider à passer clandestinement au Zimbabwe.

C’est en introduisant  l’identité de Kemi Seba dans le fichier  que  la police sud-africaine va   découvrir qu’il y avait contre cet individu un mandat d’arrêt international, émis par le Bénin, où il est poursuivi : « pour apologie des crimes contre la sûreté de l’État et incitation à la rébellion. « On se souvient en effet, que lors de la tentative de renversement du président béninois Patrice Talon, le 7 décembre 2025, Kemi Seba était apparu dans plusieurs vidéos pour saluer le putsch et revendiquer  son rôle dans les actions d’influence de l’opinion ayant conduit à ce coup d’état.

La découverte de ces éléments nouveaux a donc poussé la police sud-africaine à transférer le dossier Kemi Seba aux ROKS. Il s’agit d’une unité de police de la police sud-africaine placée sous l’autorité du procureur général. Constituée d’éléments surarmés et disposant d’un entraînement conséquent, les ROKS sont rattachées au directeur général de la police, contrairement à leurs ancêtres « Escorpions » qui ne recevaient aucun ordre de l’exécutif, encore moins du patron de la police.

Si le sort de Kémi Séba est désormais exclusivement entre les mains du procureur général sud-africain, Mme Shamila Batoui, qu’on présente comme très jalouse de son indépendance, est insensible à toute forme de pression, il faudra que  les autorités béninoises usent des arguments de droit pour  obtenir l’extradition de  Kémi Séba  vers Cotonou.  il leur faudra immédiatement confier l’affaire aux meilleurs avocats du baron sud-africain car ça va se jouer uniquement sur le terrain juridique. Aucune pression politique ou diplomatique ne pourra faire fléchir les juges sud-africains.

C’est dans ce contexte qu’une conversation entre Kémi Séba et Ogounchi (il s’agit d’un activiste opposant au régime de Faure Gnassingbé), a été découverte et relayée sur les réseaux sociaux.

Kémi Séba sur l’AES

« Nathalie est là. Elle fait plusieurs vidéos par jour et ça ne m’intéresse pas. Dire que je suis avec tel ou tel ministre, c’est ridicule pour moi. Et pour te dire vrai, moi, mon positionnement ici, c’est dangereux ce que je te dis, mais je pense pouvoir te faire confiance . Mon positionnement ici est dangereux.Je peux compter le nombre de fois que j’ai fait les atalakou de l’AES dans une vidéo. Si je te dis ce que j’ai sur le cœur, c’est dangereux. J’ai le passeport diplomatique et je sais ce que les gens là veulent de moi. Pour moi, on a fait une révolution et des militaires se sont accaparés de cette révolution et ils ont sécurisé leur poste de président et tout. Et avec le Mali, on a mené des revolutions,  mais après  j’ai vu que toutes les personnes qui ont menées cette lutte ont été écartées par la suite. Et quand je vous dit que je ne suis pas de l’AES, les gens refusent de me croire ».

Kémi Séba sur la Russie

« Mais quand on parle de la Russie, tout le monde en parle mais très peu maîtrisent. Moi je veux dire que c’est des fils de putes, c’est des opportunistes et ils sont capables d’intoxiquer l’atmosphère pour fragiliser un régime. C’est des choses que moi j’ai déjà vu faire. Il y a des gens de l’opposition que j’ai vu il y a cinq ans qui m’ont demandé de les mettre en contact avec les Russes puisqu’ils se disent que j’ai une bonne relation avec russes et les Iraniens. Tout le monde me demande ça à chaque fois, mais moi je m’en bats les couilles des Russes.

Quand je vois des gens fêter l’anniversaire de Poutine, moi j’ai envie de pleurer. C’est des gens qui n’aiment pas les Noirs. Ils ne visent que leurs intérêts. Par exemple, avec ce qui se passe en Côte d’Ivoire, je sais que les pays de l’AES sont en train d’intoxiquer l’atmosphère pour fragiliser le régime de la Côte d’Ivoire. Je me rappelle que j’ai donné un contact qui est proche du président russe et c’était notre interprète quand on allait à Moscou ; à un membre de l’opposition togolais, mais ça n’avait pas abouti. Vous voulez attaquer Faure Gnassingbé avec l’aide de la Russie, mais n’oubliez pas que lui-même est lié à la Russie. Lorsque je les ai mis en contact, ça n’a rien donné de probant parce que la personne est morte après et moi je ne suis pas responsable de la suite ».

 

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