Le siège de Télé Africa définitivement fermé.
C’est par le biais d’un communiqué rendu public ce mercredi 31 décembre que l’administration provisoire dirigée par Maître Roger Valère Moussadji a déclaré son incapacité à faire face à ses engagements financiers.
Le manque criant de trésorerie et l’absence de revenus viables ont conduit à une cessation de paiements inéluctable à Téléafrica. La télévision propriété de la famille Bongo a donc définitivement fermé ses portes laissant sur le carreau des agents qui réclament le paiement de l’ensemble de leurs droits.
Au moment où s’ouvrent pour ses confrères une traversée du désert et le combat pour leur dignité, il convient d’analyser les conditions de la descente en enfers de la structure médiatique.
Hier encore vitrine médiatique flamboyante du régime Bongo, TéléAfrica n’était plus qu’une ombre agonisante de sa gloire passée. Une chaîne privée jadis présentée comme le fleuron de l’audiovisuel gabonais s’est retrouvée étranglée par des dysfonctionnements structurels. Un naufrage financier et une détresse humaine sans précédent.
Le spectre de la faillite
Avec 17 mois de salaires impayés, des locaux délabrés et des équipements dignes d’un musée de la préhistoire audiovisuelle, TéléAfrica semblait marcher droit vers le précipice. Ses employés, au bord de la rupture, oscillent entre indignation et résignation. Leur assemblée générale du 08 janvier dernier a révélé au grand jour une situation kafkaïenne : une chaîne sans moyen, sans direction claire, mais surtout sans avenir apparent.
Un héritage encombrant
TéléAfrica, propriété de la famille Bongo, incarnait, autrefois, le porte-voix du pouvoir et le symbole de l’hégémonie médiatique. Mais comme beaucoup de reliques de cet ancien régime, la chaîne était désormais à l’abandon, victime d’une gestion opaque et d’un manque total de vision. Les anciens maîtres du jeu, trop occupés à jongler avec leurs patrimoines faramineux, semblaient avoir relégué cette chaîne à un statut de souvenir gênant, plutôt qu’à celui d’un actif stratégique.
Quand la voix des puissants devient un cri de détresse
TéléAfrica, autrefois outil de propagande, offrait une ironie cruelle : des employés laissés pour compte, contraints de mendier leur dû après avoir servi loyalement une machine, aujourd’hui, rouillée. L’agonie est palpable : studios vides, programmes rediffusés en boucle et un personnel réduit à espérer une « mobilisation rapide » d’un Conseil d’administration introuvable.
La décadence de TéléAfrica est bien plus qu’un drame humain. Elle est le reflet d’un système qui, pendant des décennies, a prospéré sur des bases fragiles. Là où il y avait, autrefois, faste et privilèges, il ne reste, aujourd’hui, que ruines et désillusion.
Et maintenant ?
Les employés, eux, continuent d’espérer, appelant à une intervention des autorités compétentes. Mais qui viendra au secours de cette carcasse médiatique, quand même ses anciens propriétaires semblent l’avoir condamnée à l’oubli ?
La chute de TéléAfrica n’est pas seulement celle d’une chaîne : c’est l’épilogue d’un système qui, comme elle, vacille entre un passé glorieux et un avenir incertain. Une leçon pour un Gabon en quête de renouveau : il est temps de bâtir sur des bases solides et transparentes, loin des vestiges encombrants d’un régime à bout de souffle.
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