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Fiasco des Panthères à la CAN : le football gabonais est-il aux mains d’une bande de « sorciers » ?

IMG Pierre Alain Mouguengui a-t-il un titre foncier à la tête de la FEGAFOOT ?

Au Gabon, le football ne se joue plus avec un ballon, mais avec des parapluies politiques, des contrats douteux et une imagination financière débordante. La CAN 2025 n’aura été qu’un épisode de plus dans une longue série de fiascos soigneusement entretenus par ceux qui prétendent « aimer le football » tout en l’étranglant méthodiquement. Les Panthères ont trébuché ? Faux. Elles ont été poussées dans le ravin. Et depuis longtemps.

 

Un football confisqué, pris en otage, instrumentalisé

Le football gabonais n’est pas malade : il est séquestré. Séquestré par une classe de décideurs pour qui le ballon rond n’est qu’un outil de visibilité politique, une opportunité de marchés opaques et un terrain de jeu pour ambitions personnelles.

 

Ici, on ne sélectionne pas toujours les meilleurs joueurs, on compose des équilibres. On ne choisit pas des techniciens compétents, on récompense des fidélités. On ne bâtit pas un projet sportif, on improvise sous pression, au gré des humeurs, des calendriers politiques et des intérêts financiers. Résultat : un football sans âme, sans méthode, sans colonne vertébrale. Un football qui entre sur le terrain déjà battu, parce qu’il a été perdu bien avant le coup d’envoi.

 

Scandales financiers : le vrai championnat, c’est celui des combines

Pendant que les supporters regardent le match, le vrai spectacle se joue ailleurs : dans les bureaux feutrés, autour de contrats bricolés, de factures gonflées et d’appels d’offres fantômes. Le football gabonais est devenu un champion incontesté de la créativité financière douteuse.

L’affaire Gabomagate n’est pas un accident. C’est la partie émergée d’un iceberg de magouilles. Une marque improvisée, un équipement refusé par la CAF, des signatures manquantes, des normes ignorées, des responsabilités diluées : tout y est. Même la mauvaise foi institutionnelle, servie avec le sourire et l’étiquette de « polémique inutile ». Dans ce système, le patriotisme est un argument marketing, pas une valeur. On brandit le drapeau pendant que les règles élémentaires de gestion sont piétinées. Et quand l’instance internationale rappelle à l’ordre, on crie au complot, jamais à l’incompétence.

 

La politique joue contre son propre pays

Le plus grave n’est même pas l’argent. C’est la politisation toxique du football. Au Gabon, le sport n’est pas géré comme un secteur stratégique, mais comme une extension du champ politique, avec ses luttes d’influence, ses clans, ses règlements de comptes et ses calculs à court terme.

Le football est convoqué quand il faut redorer une image, calmer une frustration sociale ou produire de l’émotion nationale à moindre coût. Puis il est abandonné dès qu’il demande du sérieux, de la patience et de la compétence. On veut des résultats immédiats sans travail de fond. Des victoires sans formation. Des trophées sans structures. Un miracle sans méthode.

 

Aucune vision, donc aucun avenir

Où est la politique nationale de formation ? Où sont les académies fonctionnelles ? Où est le championnat local crédible, professionnel, attractif ? Où sont les audits, les contrôles, les bilans publics ? Nulle part.

 

À la place : des stages mal préparés, des entraîneurs jetables, des joueurs livrés à eux-mêmes, et une administration sportive incapable de penser à moyen terme. Le football gabonais fonctionne comme un chantier abandonné, mais avec un budget qui circule très bien, merci.

 

Dépolitiser ou continuer à s’humilier

Il faut le dire sans détour : tant que le football gabonais restera politisé, il restera médiocre. Tant qu’il servira de caisse de résonance aux ambitions personnelles et de guichet officieux à certains réseaux, il continuera de perdre sportivement, financièrement et moralement.

Dépolitiser le football n’est pas une option idéologique. C’est une urgence nationale. Cela signifie. Laisser les techniciens travailler, imposer la transparence financière, auditer sans complaisance, sanctionner sans protection et bâtir sans communication tapageuse.

 

Sinon, la défaite est garantie

À défaut, inutile de convoquer les joueurs, les entraîneurs ou les supporters comme boucs émissaires. Le vrai problème porte costume-cravate, signe des contrats et fuit les responsabilités. Le football gabonais ne perd pas par manque de talent. Il perd parce qu’il est mal gouverné, mal pensé et trop politisé. Et tant que ce sabotage organisé continuera, les Panthères pourront rugir autant qu’elles veulent, le match est truqué avant même d’être joué.

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