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Suspension des Panthères du Gabon : un geste spectaculaire mais sportivement creux !

IMG Panthères du Gabon à la CAN, une débacle !

Minuit approchait. Les Gabonais levaient leurs verres, formulaient des vœux, enterraient une année déjà pénible dans l’espoir d’un lendemain meilleur. Pendant ce temps-là, loin des cotillons et des feux d’artifice, le gouvernement dégainait une décision aussi froide que symbolique : suspension des Panthères du Gabon, dissolution du staff technique, mise à l’écart de joueurs. Rideau. Noir total. Le football gabonais passait à la nouvelle année… en apnée. Jamais sans doute une sanction sportive n’aura été prononcée avec un tel sens du timing politique. Pendant que le peuple fêtait la Saint-Sylvestre, l’État sifflait la fin d’un match déjà perdu depuis longtemps.

 

Trois matchs, zéro point : le naufrage parfait

Sportivement, le verdict est implacable. CAN 2025 au Maroc : trois matchs, trois défaites, zéro point, zéro identité de jeu, zéro révolte collective. Une humiliation brute, presque méthodique. Une copie blanche rendue sans même tenter de tricher.

La dissolution du staff technique ? Tardive, mais évidente. Les choix tactiques approximatifs, l’absence de lecture des matchs, la gestion erratique du groupe et l’improvisation permanente ont transformé les Panthères en sparring-partners continentaux. À ce niveau-là, ce n’est plus un accident, c’est une faillite professionnelle.

 

Mais pourquoi tirer sur les joueurs ?

Là où la décision devient franchement discutable, c’est dans la mise à l’écart de certains joueurs. Qui ? Pourquoi ? Sur quelle base ? Mystère total. Aucun rapport technique rendu public. Aucun audit indépendant. Aucun critère clair. Juste une sentence tombée comme un couperet administratif.

Les joueurs ont failli, certes. Mais depuis quand sanctionne-t-on les soldats pour les errements des généraux ? Depuis quand demande-t-on à des footballeurs de produire du jeu sans projet, sans stabilité, sans cadre compétitif local, sans championnat digne de ce nom ? En réalité, ces exclusions sentent moins la rigueur sportive que la recherche de boucs émissaires commodes. On sacrifie quelques noms pour calmer la colère populaire, pendant que les vrais responsables structurels restent soigneusement hors champ.

 

Suspendre l’équipe : aveu d’échec ou opération cosmétique ?

Suspendre une sélection nationale, ce n’est pas une réforme. C’est un aveu. L’aveu que le football gabonais est mal gouverné, mal structuré, mal pensé. Mais c’est aussi une décision dangereuse : perte de rythme international, chute au classement FIFA, décrochage générationnel, fuite des talents.

Le football ne se reconstruit pas dans le silence administratif, encore moins dans l’improvisation politique. À défaut d’un plan clair, cette suspension ressemble à un écran de fumée : on coupe le courant pour masquer l’incendie.

 

1994 – 2025 : trente ans de nullité recyclée

Zéro point en 1994. Zéro point en 2025. Trente ans séparent ces deux humiliations, mais le scénario reste le même : absence de vision, gestion politisée, décisions émotionnelles, et éternelle incapacité à bâtir un système durable.

La seule nouveauté, c’est le décor : cette fois, le naufrage a été officialisé pendant la Saint-Sylvestre. Pendant que les Gabonais rêvaient de renouveau, le football national replongeait dans ses vieux démons, lesté par les mêmes erreurs recyclées sous des discours neufs.

 

Conclusion : un réveillon sans lendemain

Suspendre les Panthères, exclure des joueurs, dissoudre un staff… tout cela fait illusion quelques heures. Mais sans réforme profonde de la fédération, du championnat, de la formation et de la gouvernance, cette décision restera ce qu’elle est déjà : un geste spectaculaire, politiquement bruyant, sportivement creux. Le football gabonais ne manque pas de sanctions. Il manque de courage structurel. Et pendant que l’État siffle la fin au cœur de la nuit, le ballon, lui, continue de rouler… vers le bas.

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