Ali Bongo exige que lui soit restitué son PDG.
Au PDG, l’année 2026 commence comme un mauvais remake dont personne n’avait demandé la suite. Alors que le parti peine encore à ramasser les débris laissés par le 30 août 2023, voilà qu’Ali Bongo Ondimba, ex-président déchu mais président éternel dans sa tête, refait surface depuis son exil londonien pour annoncer qu’il reprend la barre. Ou du moins, qu’il tente de récupérer un gouvernail déjà rongé par la rouille et les querelles internes.
Par messager interposé car les grandes batailles politiques se mènent désormais par communiqués et porte-voix Ali Bongo a sifflé la fin de la récréation. Le PDG, selon lui, serait tombé entre les mains d’usurpateurs, de fossoyeurs politiques qui auraient transformé l’ancien parti-Etat en un club de survie idéologique. Le ton est dramatique, presque shakespearien : trahison, complot, affaiblissement délibéré. Il ne manque plus que les torches et les fourches.
Un parti confisqué… après avoir tout confisqué
Ironie de l’histoire : l’homme qui a dirigé le PDG d’une main de fer pendant plus d’une décennie découvre soudain les vertus de la légitimité statutaire. Celui qui a longtemps confondu parti et propriété familiale s’indigne aujourd’hui de voir son jouet politique lui échapper. Le PDG ne serait plus dirigé par ses instances légitimes, dit-il. Comprendre : ceux qui décident ne lui demandent plus son avis.
Les échecs électoraux ? Certainement pas la conséquence d’un discrédit historique accumulé au fil des années, ni d’un rejet populaire massif. Non. La faute incombe exclusivement à une direction illégitime et incompétente. Les militants, eux, seraient irréprochables. Toujours fidèles. Toujours patients. Toujours priés d’attendre que les chefs règlent leurs comptes.
Londres parle, le PDG tousse
Depuis Londres, Ali Bongo observe un parti qui survit tant bien que mal, divisé, affaibli, vidé de son aura et de ses certitudes. Mais au lieu d’un mea culpa, l’ancien chef d’orchestre accuse le pouvoir actuel de vouloir achever ce qui reste du PDG. Une thèse commode : l’ennemi extérieur a toujours été un excellent alibi pour éviter de regarder le désastre intérieur.
Et pourtant, le message est clair : Ali Bongo veut revenir au commandement. Pas pour accompagner une refondation, encore moins pour passer la main. Non. Pour reprendre. Reprendre quoi ? Un parti éclaté, des cadres en fuite, une base militante désorientée et un nom qui pèse désormais plus lourd que son programme.
Dialogue, paix… et menaces judiciaires
Le discours se veut apaisant, presque hypocritement républicain : dialogue, tolérance, paix. Mais la phrase suivante tranche comme une lame : « toutes les voies nécessaires seront envisagées ». Comprenez : tribunaux, procédures, bras de fer juridiques. Après avoir perdu le pouvoir dans la rue et dans les casernes, Ali Bongo semble prêt à livrer la dernière bataille dans les prétoires.
Le PDG entre ainsi dans une nouvelle phase de son agonie politique : celle où l’on ne débat plus d’idées, mais de statuts ; où l’on ne parle plus d’avenir, mais de signatures, de cachets et de légalité concurrente. Un parti jadis hégémonique réduit à une guerre de papiers, pendant que le pays regarde ailleurs.
Le retour impossible du chef déchu
Ali Bongo souhaite une bonne année à ses militants. Une année de lutte, promet-il. Mais au PDG, beaucoup se demandent si cette lutte n’est pas avant tout celle d’un homme refusant d’admettre que l’histoire a tourné la page. Car on ne reconstruit pas un parti en ruines avec les méthodes qui l’ont conduit à sa chute.
En 2026, le PDG ne vit pas une renaissance. Il vit une bataille d’ego, un règlement de comptes posthume entre anciens barons, un feuilleton politique où le passé refuse obstinément de mourir. Et pendant que l’ancien commandant réclame le pont du navire, le navire, lui, prend l’eau de toutes parts.
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