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Rachat opaque des structures hôtelières publiques : le ministre du Tourisme saisit la justice

IMG Une organisation mafieuse qui avait des ramifications jusqu'à l'international.

A travers une mission d’inspection, réalisée le mardi 24 octobre dernier, le ministre du Tourisme, Pascal Ogowe Siffon, ainsi que ses collaborateurs découvraient que les structures hôtelières Wali Ré-Ndama et l’Okoumé Palace Radisson Blu étaient devenues les propriétés d’Abdul Oceni Ossa. Le fils de l’ex-imam de Libreville, Ismaël Oceni Ossa, avait racheté, à travers des mécanismes opaques, les deux structures hôtelières.

 

Au terme de cette mission d’inspection, le ministre Ogowe Siffon informait de l’ouverture d’une enquête pour déterminer les mécanismes par lesquels ces individus étaient devenus les propriétaires des structures qui appartenaient jadis à l’Etat gabonais. De la parole à l’acte, il n’y a qu’un pas que n’a pas hésité à franchir le membre du gouvernement qui vient de saisir le parquet de la République pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

 

Les ramifications jusqu’à  l’international

Africa Intelligence (AI), dans son dernier numéro, révélait que  les investigations ont permis de découvrir que c’est à partir d’une société, dénommée Shanah Investments, que Noureddin Bongo, son épouse Léa Bollard Bongo Valentin et Abdul Oceni Ossa (tous trois actionnaires) prétendaient avoir racheté l’Hôtel Radisson Blu. C’est cette même société qui est le propriétaire de l'école privée du Ruban vert et le restaurant Mayena Foods.

Si les associés ont clos les activités londoniennes de Shanah en 2022, AI indiquait, cependant, que la société est, néanmoins, toujours active à Dubaï. L’enquête confiée au Gabon à la Direction générale des contre-ingérences et de la sécurité militaire, communément appelée (B2), a, en outre, permis de découvrir que Léa Bollard Bongo Valentin avait créé, avec son époux Noureddin Bongo Valentin, plusieurs sociétés dont on ignore, aujourd’hui, les principales sources de financement même si les enquêteurs soupçonnent que d’importantes sommes d’argent issues des comptes publics ont eu à financer l’expansion de ces entreprises.

 

C’est d’ailleurs fort de ces soupçons que l’épouse de Noureddin Bongo Valentin a été placée par les nouvelles autorités en résidence surveillée. Tout comme le père Oceni Ossa. Les investigations ouvertes sur les biens de ses fils ont abouti à la saisie, en septembre dernier, de 443 véhicules haut de gamme. Des véhicules qui, d’après plusieurs sources, devaient être convoyés au Benin, le pays d’origine du clan Oceni Ossa. Le régime d’Oligui Nguema ne compte pas s’arrêter là. Afin de ramener au pays les avoirs détournés par les fils de l’ex-président du Conseil islamique du Gabon, une commission d’enquête retrace et recense l’ensemble des biens du clan à l’international. Dubaï, Canada, Maroc, Benin, Londres… les ramifications à l’international de ce groupe de mafieux n’ont pas fini d’être démantelées.

 

On comprend leur volonté de s’éterniser au pouvoir

 

Ces gens étaient prêts à mettre le pays à feu et à sang pour conserver, au soir du 30 août dernier, ce qu’ils estimaient être leur pouvoir. C’est pourquoi ils ne se sont pas embarrassés à déployer des moyens financiers et matériels considérables lors de la campagne électorale, préférant garder, par de devers eux, les budgets colossaux sortis des caisses du Trésor public. Le coup d’Etat des militaires a donc  évité au Gabon non seulement de sombrer dans le chaos, mais en plus de découvrir l’étendue des malversations financières et prises d’intérêts illégaux de Noureddin Bongo Valentin et son clan, regroupés au sein de la tristement célèbre Young team.

 

 

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