Le Dr Stéphane Germain Iloko.
Déclaration relative à la dernière sortie du Dr Yaba et à la situation du SAMU Social Gabonais.
J’ai pris connaissance avec attention de la dernière vidéo du Dr Yaba, ainsi que du texte qui l’accompagne. Je dois dire que j’en suis sorti profondément déçu et révolté par l’attitude pour le moins indigne adoptée par un jeune compatriote qui, manifestement mal à l’aise dans le rôle qu’il s’est attribué, confond tout, mélange les responsabilités, et cherche à entraîner l’opinion publique dans une forme de délire défensif qui trahit davantage son angoisse que sa sérénité.
Qu’il soit rassuré : personne ne conteste l’utilité initiale du SAMU Social Gabonais. Son concepteur a, à l’origine, agi dans un contexte précis, marqué par l’absence d’un véritable dispositif de lutte contre l’exclusion sociale. À cette époque, le SAMU Social a constitué un outil pertinent et novateur, comme il n’en existait pas au Gabon.
Mais le contexte a évolué, profondément
Et ce que l’on demande aujourd’hui, ce n’est pas de « faire disparaître son bébé », mais de l’adapter, le rationaliser et le rendre plus performant, dans un environnement économique contraint et dans le respect strict des lois de la République.
Des chiffres invérifiables et manifestement exagérés
Affirmer que le SAMU Social consulterait 3 000 Gabonais par jour appelle un minimum de rigueur. Faisons un calcul simple : Si une consultation dure en moyenne 30 minutes, 3 000 consultations représentent 90 000 minutes, soit 1 500 heures de travail par jour.
Cela supposerait la mobilisation quotidienne d’au moins 62 médecins consultant simultanément, sans interruption.
La question est simple : Le SAMU Social dispose-t-il ne serait-ce que de 20 médecins consultants par jour ? Chacun connaît la réponse. Il s’agit donc d’une affirmation à relativiser, probablement inexacte. Ce n’est pas dramatique, mais cela démontre un grave déficit de sérieux dans la communication.
Une gestion des ressources humaines préoccupante. Le SAMU Social ne dispose pas de fonctionnaires régulièrement affectés par l’État. Dès lors, qui y travaille réellement ? Des stagiaires, Des infirmiers issus de centres privés, des personnels insuffisamment qualifiés,
Des médecins désertant leurs postes réguliers dans les structures publiques.
Dans un secteur aussi sensible que la santé, on ne peut prétendre offrir un service de qualité avec un personnel instable et parfois non conforme aux exigences réglementaires. L’Inspection Générale de la Santé devrait se saisir urgemment de cette situation. Une confusion juridique grave autour du volontariat
Le SAMU Social affirme rémunérer des « volontaires ». Or, un volontaire est par définition un bénévole. À ne pas confondre avec un vacataire, qui est un contractuel soumis à un régime juridique précis.
Cette confusion n’est pas anodine. Elle laisse penser que certaines activités du SAMU Social s’exercent en dehors du cadre légal, voire dans l’illégalité. Si l’État souhaite agir correctement, il doit prendre toutes ses responsabilités, sans bricolage administratif.
Des pratiques pharmaceutiques contraires à la loi
Pourquoi le SAMU Social achète-t-il des médicaments auprès de Pharmagabon, alors que l’État a mis en place une centrale publique d’achat, l’Office Pharmaceutique National (OPN) ?
L’OPN permet : Des économies substantielles, l’accès aux médicaments génériques, un contrôle de qualité renforcé.
Toutes les structures publiques du pays s’y approvisionnent, et ce système fonctionne. Plus grave encore : la loi pharmaceutique gabonaise interdit formellement à toute entité ne remplissant pas les conditions légales d’importer directement des médicaments.
En important des médicaments depuis l’étranger, le coordonnateur général du SAMU Social foule aux pieds ces dispositions, exposant les populations les plus vulnérables à des médicaments illicites ou dangereux.
Une politique de santé bricolée au sommet de l’État
Il est rapporté que le Président de la République aurait déclaré que l’hôpital public ne se relèvera pas de sitôt, sans en expliquer les raisons ni proposer de solution structurelle. Faut-il alors comprendre que l’État renonce à l’hôpital public et se contente de structures concurrentes mal organisées, recevant chaque jour des cas mal pris en charge, devenant parfois de véritables mouroirs ?
Ces structures servent trop souvent de prétexte à la dilapidation de ressources publiques, pendant que certains responsables vont passer les fêtes à Paris, des familles sinistrées des derniers orages,
les déguerpis de Plaine Orety, ceux du Carrefour de la SNI, dorment à la belle étoile.
Pendant ce temps, des sommes astronomiques sont mobilisés pour : des vidéos, des opérations de communication, des distributions de béquilles et de lunettes. Une remise en cause nécessaire et salutaire.
Le Dr Yaba apparaît manifestement mal à l’aise, car il comprend la pertinence des critiques formulées. L’outil qu’il a contribué à créer s’est éloigné de ses missions initiales. Il lui suffirait d’un peu de courage politique pour : se remettre en question, accepter l’aide, restaurer cohérence et efficacité.
Car le SAMU Social ne remplacera jamais l’hôpital public
Il peut, dans des cas isolés, jouer un rôle d’urgence. Rien de plus. La CNAMGS doit aussi s’expliquer Pourquoi 815 000 Gabonais se tournent-ils vers le SAMU Social alors que l’État a mis en place la CNAMGS, censée garantir la prise en charge des Gabonais économiquement faibles ? Cette question est centrale et appelle des réponses claires.
Conclusion
Le Président de la République doit prendre toute la mesure de ces graves dysfonctionnements et s’entourer d’hommes et de femmes prêts à sortir le Gabon de l’impasse dans la quelle il se trouve.
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