Oligui Nguema au figaro : « il faut changer de paradigme vis-à-vis de l’Afrique »

Paris, 22 juillet 2026. Dans un entretien accordé au Figaro lors de sa visite d’État à Paris, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a posé les marqueurs d’une nouvelle diplomatie gabonaise. Moins de ruptures idéologiques, plus de pragmatisme. Moins de dépendance, plus de partenariats « gagnant-gagnant ».
Le Gabon veut un partenariat « souverain » avec la France, pas une rupture
Premier message : la continuité, mais rénovée.
D’entrée, le Chef de l’Etat gabonais a rappelé sa ligne directrice en matiere de coopération avec l’ancienne puissance coloniale, la France. Le Gabon, a-t-il relevé se veut « attractif. Le Gabon veut attirer tout le monde et sera ouvert à tout le monde ». Traduction : Paris reste un allié majeur, mais plus exclusif.
Sur la question des régimes militaires critiques vis-à-vis de la France, Oligui Nguema se démarque. Il plaide pour le respect mutuel : « Chacun dirige son pays. Chacun fait ses choix ». Le Gabon se positionne donc comme un médiateur possible, pas comme un pays de confrontation.
Des contrats équitables, gagnant-gagnant
Le deuxième axe est économique. Sur cet aspect, le Président assume le constat : « Très longtemps, le Gabon a passé pour un Etat où les rentes étaient copiées, sauf pour le peuple gabonais. Sa réponse tient en une phrase : « Il faut des partenariats équitables, gagnant-gagnant. Fini, les rentes. »*
Il vise directement « les contrats coloniaux qui existent jusqu’à maintenant ». Sa méthode : négocier. « On ne va pas négocier les armes à la main mais politiquement, économiquement, analyser les contrats. C’est ce que nous voulons, nous, en Afrique. »
C’est aussi une réponse à la montée des puissances comme la Chine ou la Russie : « On a des technocrates, des ingénieurs qui ont fait des études chez vous et quand ils reviennent en Afrique, ils regardent les choses autrement. » La jeunesse africaine ne veut plus du modèle d’hier, indique-t-il.
« Nous avons évité le chaos… »
Sur le plan intérieur, Oligui Nguema justifie son arrivée au pouvoir par la nécessité d’éviter le chaos : « Nous avons voulu éviter le chaos pour notre pays. L’armée a dissous les institutions. » Avant de lancer le processus pour un retour à l’ordre constitutionnel : « Les Gabonais dans leur tête ne veulent plus de successions dynastiques… Dieu merci, nous l’avons fait sans effusion de sang. »
Sur le climat, Oligui Nguema présente le Gabon comme une solution…
Le Gabon, avec ses forêts, « permet de freiner un peu le phénomène ». Mais il pose une condition : « Il faut préserver les forêts. Mais à quel prix ? Il faut qu’on nous paye, parce que c’est vous qui polluez. » renchérit-il. C’est pourquoi le président gabonais appelle à un « juste milieu entre l’Europe et l’Afrique pour la préservation des forêts ».



