Crise à l’AGASA : la DAF se désolidarise de la gestion calamiteuse du Directeur général
L’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire à (l’ AGASA) traverse une zone de turbulences. Dans une note explosive datée du 18 août 2026, la Directrice Administrative et Financière, Edwige Lekouyi dresse un état des lieux accablant. Notamment, la gestion du Directeur Général, Jean Delors Biyogue Bi Ntougou. Entre opacité financière, sanctions et prise de décision solitaire, la DAF tire la sonnette d’alarme et se désolidarise.
Un DG « ordonnateur tout-puissant » qui court-circuite la DAF
La DAF accuse le DG de concentrer de manière excessive les pouvoirs au point de réduire ses collaborateurs à des simples assistants. « Par le fait d’être ordonnateur de crédit, vous vous êtes arrogé tous les droits, y compris celui de financier, qui vous permet de prendre toutes les décisions sans jamais consulter le Directeur Administratif et Financier que je suis », peste Edwige Lekouyi.
Pire, poursuit la DAF, les états de salaires sont élaborés « sans aucune vérification de ma part » et les recrutements sont effectués « au niveau du service financier, sans que je ne sois associée au processus et sans tenir compte de mes besoins ».
Dettes sociales, fiches de paie : des alertes restées « lettre morte »
Dès sa prise de fonction, la DAF dit avoir saisi la CNSS, la CNAMGS et les Impôts pour connaître la dette de l’agence. Elle a aussi alerté sur les prélèvements sur salaires des agents qui ne seraient pas reversés. « Toutes ces alertes sont malheureusement restées lettre morte. A ce jour, je ne sais pas si un effort a été fait pour régler cette dette sociale ».
La DAF révèle, en outre, avoir été sanctionnée pour avoir fait son travail. Après avoir alerté sur le départ en congé de 35 agents, le DG lui a « dès le lendemain retiré l’Intérim de la Direction des Ressources Humaines ». « L’ensemble de ces faits m’a permis de constater que vous ne souhaitiez pas avoir un autre son de cloche que celui correspondant à ce que vous avez déjà prévu ». Le service financier fonctionne « dans une totale opacité » et « tout est verrouillé de sorte que je ne puisse avoir accès aux données », fustige la DAF.
Autres griefs : le retrait du paiement du carburant aux Directeurs décidé « sans jamais associer les Directeurs et le Comité de Direction ». La DAF a aussi reçu le 14 août 2026 un courrier de la Direction Générale du Budget annonçant la mise à disposition de 25 000 000 FCFA pour l’organisation de la CIPV, sans qu’elle n’ait été associée.
Le point le plus grave concerne la tentative d’audit. Sur ce point la DAF rappelle que « Le cas le plus flagrant de désaveu celui où j’ai voulu m’opposer à une pratique que je considérais comme peu orthodoxe, en souhaitant aller au bout de mon audit des souches des carnets d’ordres d’encaissement, nous savons tous quel en a été le résultat ». Un passage qui laisse entendre un blocage volontaire d’un contrôle sur les recettes de l’agence.
« Je me désolidarise de cette gestion »
Face à cette situation, la DAF prend acte et se couvre. « Dans ces conditions, je tiens une nouvelle fois à me désolidariser de toute forme de gestion actuelle de l’Agence à laquelle je ne suis pas associée. Je ne saurais, en conséquence, être tenue responsable de décisions, actes ou engagements pris dans le cadre de cette gestion, dès lors que, depuis le départ, vous avez clairement choisi de me mettre à l’écart des processus de décision et de gestion ».
Cette missive de la DAF met en lumière la crise dans laquelle l’AGASA est plongée. Entre dette sociale non apurée, opacité des recettes, décisions unilatérales et blocage d’audit, les faits dénoncés relèvent à la fois de la faute de gestion et du risque pénal.



