Economie

Mise en service de la centrale solaire d’Ayeme-Plaine : quand le Gabon allume enfin le soleil

La première centrale solaire du pays a été mise en service. Un pari de 30 mégawatts pour tourner la page du "tout thermique". 

Libreville, 7 septembre 2026. Pendant des années, on en a parlé. On a signé des protocoles, posé des premières pierres, promis des révolutions. Cette fois-ci le gouvernement gabonais passe à l’offensif : la centrale solaire d’Ayeme-Plaine est en service.  Pour la première fois, le Gabon produit de l’électricité à grande échelle sans brûler une goutte de gaz ni de fioul. Le pays vient d’allumer le soleil.

Portée par le groupe Solena, dans une première phase la centrale solaire va livrer à peu près  44 mégawatts. Un soulagement au moment où le pays vit au rythme des délestages. En réalité, c’est l’équivalent de l’alimentation de plusieurs dizaines de milliers de foyers du Grand Libreville aux heures de pointe qui sera produite par cette centrale. C’est surtout au moins 30 mégawatts   qui  ne  seront plus supporter  par les centrales thermiques vieillissantes et coûteuses de la société d’électricité.

Pour le gouvernement gabonais, l’ambition affichée est claire : diversifier. Sortir d’une dépendance qui rend le réseau fragile dès qu’un groupe tombe en panne. Et ancrer le Gabon dans ce que les autorités appellent un « dispositif de diversification et de renforcement de l’offre énergétique ».

Ce qui rend Ayeme-Plaine différente des annonces du passé, ce n’est pas seulement les panneaux. C’est ce qu’il y a derrière : un système de stockage par batteries.  Jusqu’ici, le solaire au Gabon butait sur une évidence : le soleil se couche à 18h30. Les batteries changent la règle. Elles emmagasinent le trop-plein de la journée pour le restituer le soir.  De la sorte  ce système  donne une stabilité que le réseau n’a pas connue avec les seules énergies renouvelables intermittentes.

Mais la centrale solaire d’Ayeme-Plaine n’est pas une fin. C’est un test.  Le vrai défi commence maintenant : entretenir, former des techniciens gabonais capables de piloter la centrale, et surtout injecter proprement ces 30 mégawatts dans le réseau de la SEEG sans créer de déséquilibre.  Si le pari réussit, il ouvrira la voie. Le solaire n’a aucune raison de s’arrêter à Ayeme. L’intérieur du pays, les zones non interconnectées, les sites miniers : tous attendent ce signal.

Au-delà des chiffres, Ayeme-Plaine a une valeur de symbole. Elle dit qu’après des années de discours sur la transition énergétique, quelque chose bouge enfin du côté des actes.  Le Gabon reste un pays pétrolier. Mais pour la première fois, il prouve qu’il peut aussi être un pays solaire.  Et dans un contexte où le budget 2026 cherche partout des économies, où la facture énergétique pèse, chaque kilowatt produit sans importation de combustible est un kilowatt gagné pour l’État.

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