Société

Quatre personnes interpellées avec un chimpanzé à Libreville qu’ils tentaient de vendre illégalement

L’administration des Eaux et Forêts et la Police judiciaire (PJ), appuyées par l’ONG Conservation Justice (CJ), ont procédé, le 12 août 2026 à Libreville, à l’interpellation de quatre individus en possession d’un bébé chimpanzé qu’ils tentaient de vendre illégalement.

L’interpellation est intervenue dans un quartier de la place à Libreville. Parmi les quatre indélicats, figurent deux femmes âgées de 31 et 51 ans. Les quatre indélicats ont été pris en flagrant délit de détention et de tentative de vente illégale d’un chimpanzé de neuf (9) mois, une espèce intégralement protégée au Gabon. Cette tentative de commercialisation, a-t-on appris, ne serait pas le premier essai pour l’un des protagonistes. Dans un passé proche, le bébé chimpanzé avait déjà fait l’objet d’une vente pour la somme de 350.000 francs CFA.

Conformément à l’article 92 du Code forestier, la détention d’espèces animales intégralement protégées est interdite. Et face à cette violation de la loi, les mis en cause ont été auditionnés en date du 12 août et le principal suspect, lui, est resté en garde à vue. Suivant l’article 92 et 199 du Code forestier ainsi qu’aux dispositions du décret n°163, les quatre présumés trafiquants de faune risquent des sanctions conformément aux dispositions prévues par la législation. Ils pourront en effet, être sanctionnés selon l’article 275 du Code forestier d’un
emprisonnement de trois à six mois et d’une amende de 10 000 à 10 000 000 francs CFA ou de
l’une de ces deux peines seulement.

Au Gabon, ce n’est pas la première fois qu’un chimpanzé ou tout autre animal vivant et intégralement protégée est sauvé des griffes des prédateurs fauniques. Et pourtant, la manipulation de ces animaux comporte cependant des risques sanitaires à l’exemple de zoonose, c’est-à-dire, des maladies telles qu’Ebola transmises par les animaux à l’homme. Le cas actuel de la République démocratique du Congo (RDC) doit interpeller.

Grâce à l’appui de l’association Gabon Untouched, le chimpanzé a été transféré vers le Parc de la Lékédi, géré par la Fondation Lékédi Biodiversité et membre du Pan African Sanctuary Alliance (PASA). Le rôle des sanctuaires est important pour l’accueil et la prise en charge des animaux sauvages victimes de trafic de faune au Gabon. Son Directeur, Eric Willaume, rappelle que : « les chimpanzés sont des espèces intégralement protégées et peuvent transmettre des maladies contagieuses et dangereuses pour les êtres humains, notamment l’hépatite, la tuberculose, Ebola, la variole du singes (Mpox) et bien d’autres. Garder des primates en captivité finit toujours mal pour le particulier (blessures, infection, agressivité et force des primates) ».

Toute personne détenant un animal intégralement protégé devrait donc le remettre d’elle-même
à l’administration des Eaux et Forêts et éviter ainsi toute procédure judiciaire.

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