Politique

Mise en conformité des partis politiques : 33 formations « portées disparues »

Le paysage politique gabonais vient de connaître un resserrement brutal. Selon un article du journal L’Union, paru le 5 juillet 2026, « sur cent deux (102) formations politiques légalement reconnues au Gabon, 69 ont déposé leurs dossiers de régularisation ». Ce, après l’expiration du délai qui été fixé au 27 juin dernier. Résultat : « 33 formations politiques portées disparues »

L’information émane du « communiqué rendu public par le ministère de l’Intérieur le 2 juillet » dernier. Le couperet de la « mise en conformité aux dispositions de la loi sur les partis politiques » est tombé. Sur les 102 formations politiques recensées, seules 69 ont transmis leurs « dossiers de régularisation auprès des services compétents » avant la date butoir du 27 juin dernier. 33 n’ont pas répondu à l’appel. Elles sont désormais, selon le titre de L’Union, « portées disparues ».

La fin des formations « politiques gazelles »

Depuis des années, le multipartisme gabonais souffrait d’un paradoxe : pléthore de partis, mais peu d’ancrage réel. 102 formations « légalement reconnues » pour moins de 2,5 millions d’habitants. Beaucoup existaient sur le papier, sans siège, sans militants, sans activité.

La loi sur les partis politiques et son exigence de « mise en conformité » agissent comme un filtre. Ne pas déposer de dossier au 27 juin, c’est acter son inexistence de fait. Les 33 formations « portées disparues » sont vraisemblablement des coquilles vides que le délai a fini de déclasser.

Le communiqué du 2 juillet n’est pas neutre. En publiant le chiffre brut – 69 contre 102 – le ministère acte publiquement la réduction d’un tiers du paysage partisan.  L’époque des récépissés de complaisance est terminée. La régularisation implique une vie militante réelle, des statuts à jour, des comptes.

Les questions en suspens : qui sont les 33 ?

L’article de  L’Union ne donne pas la liste. S’agit-il de petites formations d’opposition n’ayant pas les moyens de se mettre en règle ? De partis « présidentiels » créés par opportunisme et qui n’ont pas survécu au changement de régime ? De mouvements régionaux sans base nationale ?

 Pour le pouvoir : un champ politique lisible

Avec 69 formations au lieu de 102, le ministère de l’Intérieur dispose d’interlocuteurs moins nombreux, mais théoriquement plus représentatifs. Cela simplifie le dialogue politique, l’organisation des élections, et la répartition de l’aide publique aux partis.

Passer de 102 à 69 n’est pas une défaite du pluralisme si les 69 sont actifs, présents sur le terrain, et porteurs de projets distincts. Le risque serait que cette « mise en conformité » aboutisse à un paysage dominé par 2 ou 3 grands partis, avec 66 micro-formations satellites.

 

 

 

 

 

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