IMG-LOGO
Accueil Article Affaire Ogooué Palace de Lambaréné : les squatters sur le pas de la porte ?
Investigation

Affaire Ogooué Palace de Lambaréné : les squatters sur le pas de la porte ?

IMG Ces trois personnalités sont accusées de squatter les biens de l'opérateur économique, Bernard Assum Ndong.

Le 13 mars 2024, dans quelques jours seulement, la Cour d’appel judiciaire de Libreville va enfin rendre son verdict sur l’affaire qui oppose Assum Ndong Bernard et les squatters qui occupent et gèrent indûment son Hôtel Ogooué Palace de Lambaréné depuis près de vingt ans. Le combat a été long qui a conduit à 9 renvois d’audience. Tant les tergiversations ont été nombreuses. Tant les pressions politiques liées aux personnages englués dans cette affaire, visibles ou non ont été fortes. Tous ceux qui ont approché ce dossier  attendent du tribunal de Libreville qu’il dise le droit, et rende enfin cet investissement à son légitime propriétaire.

 

Que ce procès se tienne quand même relève d’ailleurs du surréalisme juridique. Bernard Assum Ndong demande par voie légale que ceux qui ont établi un siège de longue durée à son hôtel de Lambaréné soient expulsés. Il fonde sa requête en exécution d’une décision de justice par conformité à un jugement rendu par la Cour de cassation. Cette dernière, après treize procès intentés et tous perdus par des malintentionnés qui voulaient s’accaparer de son investissement en se cachant derrière l’Etat, l’a reconnu comme unique propriétaire du Sofitel Dialogue de Libreville et de ses annexes à savoir l’Ogooué Palace en question, en plus des loges de la Lopé, de Port-Gentil, de Wonga Wongue et de Nyonyé. Dans ces conditions, permettre aux squatters de Lambaréné de continuer leurs activités sans le moindre brouillon d’un écrit attestant de la légitimité de leur action reviendrait pour la cour d’appel à remettre en cause un droit de propriété reconnu à la fois par les plus hautes instances politique et judiciaire du Gabon. Ce qui créerait un inédit et hyper-dangereux précédent dans le système judiciaire de notre pays.

 

Il nous semble évident cependant que les juges le savent. Mieux encore, Joël Ogouma et Richard Auguste Onouviet qui se sont accaparés de l’installation depuis des années n’ont pas les épaules assez solides pour endormir les magistrats pendant les dix-huit ans que cette illégale occupation dure. Il est donc quasi certain que de plus puissants appuis agissent dans l’ombre pour les utiliser en faire-valoir et leur faire passer les mailles du filet. Dans cette perspective, il y a des risques que nous soyons en plein dans la version locale des biens mal acquis, dans une cruelle spoliation d’un fils de pauvre interdit de pleurs, de cris et en faveur de qui le moindre centime de dédommagement ne traverse même pas l’esprit. Parce qu’ils sont convaincus à tort qu’Omar Bongo se cacherait derrière Bernard Assum Ndong par une configuration d’épouvantail qu’ils connaissent bien, ils mènent des opérations de récupération de l’Hôtel Dialogue par les armes à Libreville, imitées en cela à Lambaréné pour l’Ogooué Palace où on prend des massues pour détruire les serrures. Et par les différents louvoiements de la Justice en faveur des gens qui n’avaient aucune preuve de propriété autre que la parole et les interprétations fallacieuses de la loi. Cette Justice qui, sans prendre le risque de débouter Bernard Assum Ndong de ses prétentions, est allée jusqu’à neuf renvois, bien au-delà de la norme légale de trois.

 

Pour bien comprendre, il faut réexpliquer ce qui s’est passé.

 

L’investissement sur l’hôtel Dialogue de Libreville s’est fait sur les fonds sur propres des actionnaires français et suisses de la chaîne Sofitel. Le Gabon n’y a sorti aucun copeck. Il a juste bénéficié de la loi sur les investissements étrangers qui accorde automatiquement 10% du capital à l’Etat d’accueil. La brouille entre le groupe Sofitel et Libreville éclate quand malgré son statut d’actionnaire ultra minoritaire, le Gabon se permet de nommer Georges Rawiri à la présidence du conseil d’administration. Ce coup de force n’est pas accepté et les positions sont si inconciliables que les Suisses et les Français préfèrent retirer leurs billes du jeu. Ils exigent cependant que le Gabon rembourse leur investissement et menacent même de bloquer à la fois les comptes du Gabon à la Banque de France, et ceux privés de Bongo Omar en Suisse si cette exigence n’est pas satisfaite. C’est à ce niveau qu’intervient Bernard Assum Ndong. Rubis sur ongle, il rachète la chaîne Sofitel du Gabon et libère Omar Bongo d’une écharde. Mais pour gérer le Dialogue, il crée une société de droit gabonais, la SOGIHT. Une fois encore se pose la question des 10% à gracieusement rétrocéder au Gabon. A la demande d’Omar Bongo et en marge de toute orthodoxie, ces actions gabonaises sont réparties entre Ali Bongo 5%, Pascaline Bongo : 2% et Georges Rawiri : 2%. Nous parlons bien de la SOGIHT et non de l’hôtel Dialogue qui lui, reste entièrement la propriété du seul Bernard Assum Ndong. Au bout de la première année d’exercice, les bénéfices seront répartis entre actionnaires sur des chèques tirés à la BICIG. Pascaline Bongo et Georges Rawiri recevront chacun un peu plus de 100 millions de francs, alors qu’Ali recevra le double. L’affaire est rentable et aiguise des appétits.

 

Plutôt que rester de simples actionnaires minoritaires, pour des gens qui n’ont jamais su se mettre derrière un autre mais devant les autres, cette rente est tentante. Ils rendent en concert leurs actions et démissionnent du Conseil d’administration de la SOGIHT. Juste après, des actes d’une extrême violence seront engagés contre le propriétaire. Assaut de la Gendarmerie sur l’hôtel Dialogue à Libreville, bris des portes et fractures des serrures de l’Ogooué Palace à Lambaréné. Pour des personnes qui ont gracieusement reçu leurs actions et qui perçoivent des bénéficies gratuits pour un investissement nul, les ambitions ont été clairement affichées. Ils voulaient prendre la chaîne Sofitel de force. Le fait d’ailleurs que Sylvia Bongo ait entrepris des travaux sur le site de l’hôtel Dialogue sans l’avis du propriétaire des lieux démontre à suffisance que ce n’est pas fini, qu’ils continuent de tirer les ficelles dans l’ombre de Joël Ogouma.

 

Ce 13 mars donc, la Cour d’appel de Libreville ne pourra pas dire autre chose que le droit. Parce qu’elle ne prendra pas le risque de déjuger une juridiction qui lui est supérieure. Parce qu’elle ne saura pas rejeter un acte de cession signé de la main d’un chef d’Etat. Elle prouvera que les temps ont changé et que la Justice est dite au nom du peuple et non plus pour le bien d’un homme, d’une famille. Ce sera un signal fort pour les autres squatters des loges de Nyonyé et de la Lopé qui, sans attendre de passer eux aussi devant les juges, devront commencer à plier bagages… d’eux-mêmes, pour éviter l’humiliation d’une expulsion forcée.

Partagez:

13 Commentaires

Henry Georges - Mar 12, 06:55

Bonjour à tous Encore un problème de séparation de pouvoir, quel nation où peuple pourrait évoluer dans de telles conditions, pourquoi aller faire des études de droit parcequ'on décidé d'être droit et pratiquer le contraire? Ce continent ne serait-il pas malade de sa soit disante élite intellectuelle. Une épaisse odeur de micmacs et d'abus doublée de sorcellerie à l'africaine se cache derrière cette affaire où des gens pensent qu'ils avaient été créé pour dominer sur les autres par le fait de la politique. Est-ce que ces hommes dits de droit accompagneront sincèrement la transition et ses initiateurs vers le changement de la société gabonaise.

NGOMO Ekang - Mar 14, 07:19

Toute cette affaire me semble flou, d'abord la jouissance illégale des biens par les trois pdgistes pire encore, un soit disant homme d'affaires qui ne sort de nulle part mais qui a la capacité financière à racheter ce que L' État a du mal à rembourser. Ce ne serait-il pas une arnaque ou un autre détournement des fonds publics orchestré par la bande Omar Bongo ?

Eddie - Mar 15, 00:36

The Partner & Profit™ is our never before released partnership program that allows anyone, anywhere, regardless of background, skill or experience to partner with a 7-Figure business owner and get their very own 7-figure business (without doing any of the work)... --- https://www.youtube.com/watch?v=qUZDw3_AaTQ ---

Rogelio - Mar 15, 04:49

1-Click GPT-4 Vision CLONES $5k/Day Sites --- https://www.youtube.com/watch?v=_1Tt78oKxHo ---

Corazon - Mar 17, 17:45

After Generating Millions Online, I've Created A Foolproof Money Making System, & For a Limited Time You Get It For FREE... --- https://www.youtube.com/watch?v=yosay9mQ4Ec ---

Norberto - Apr 03, 06:48

How This Record Sold Over 1,000,000 Copies (Becoming The FIRST 'Spoken Word' Record To Go Gold) With No Advertising... And How This Lost Message Can Change Your Life FOREVER! Learn more: https://bit.ly/lost-message Unsubscribe and Opt out: https://bit.ly/website-opt-out


Postez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués * sont obligatoires