Détention d’Alain Claude Bilié-By-Nze : Me Sara Oniane, quand le droit démonte une accusation montée… sur du sable

Il y a des dossiers qui tiennent debout. Et puis il y a ceux qui tiennent… parce qu’on souffle dessus avec beaucoup de bruit. L’affaire dite des « 5 millions » visant Alain-Claude Bilie-By-Nzé appartient, à ce stade, dangereusement à la seconde catégorie. Et si quelqu’un s’est chargé de le rappeler sans gants ni anesthésie, c’est bien Me Sara Oniane. Dans une sortie publique d’une rare fermeté, l’avocat n’a pas plaidé il a démonté. Méthodiquement. Froidement. Presque chirurgicalement.
Escroquerie ? Encore faut-il autre chose qu’un mot qui claque
Dans certains cercles, il suffit de prononcer « escroquerie » pour espérer transformer un différend en scandale. Problème : en droit pénal, les mots ne suffisent pas. Et dans ce dossier, la défense relève un vide embarrassant : Pas de preuve solide d’un prêt formel. Pas de trace d’une manœuvre frauduleuse, pas l’ombre d’une intention de détourner quoi que ce soit. Autrement dit : une qualification pénale posée comme une étiquette… sur un dossier qui ne la porte pas. « On ne fabrique pas une infraction avec une déception », glisse, acerbe, un observateur du prétoire.
Une cotisation qui dérange… dix-huit ans plus tard
Les faits remontent à 2008. Oui, dix-huit ans. À l’époque, il s’agissait selon la défense d’une contribution interne pour sauver l’organisation d’un événement culturel en panne de financement. Aujourd’hui, cette contribution devient, par un tour de passe-passe narratif, un « prêt » non remboursé.
Question simple, presque brutale : où sont les preuves initiales de ce prêt ? Car en matière pénale, ce n’est pas la mémoire qui juge, ce sont les éléments matériels. Et ceux-ci semblent, pour l’instant, d’une discrétion remarquable.
Du juridique… au spectacle
Mais le dossier ne se joue plus seulement dans les textes. Il prospère ailleurs : dans le vacarme. Réseaux sociaux en surchauffe, opinions tranchées, procès improvisés à coups de publications virales le cocktail est connu. Et souvent, il précède le droit au lieu de le suivre. Dans ce brouhaha, une question s’impose, plus politique que juridique à qui profite le bruit ? La réponse, elle, reste soigneusement hors dossier.
Le parquet freine pendant que l’opinion accélère
Pendant que certains crient déjà au verdict, le procureur, lui, rappelle des évidences que l’époque semble oublier : Présomption d’innocence, secret de l’enquête. Deux principes simples. Deux principes essentiels. Deux principes… souvent piétinés quand l’émotion remplace le droit.
Analyse : quand le pénal devient un outil, et non un recours
Ce type de dossier illustre une dérive préoccupante celle qui consiste à transformer des engagements informels, flous ou mal documentés, en infractions pénales lourdes. Comme si le pénal devenait un levier de pression. Comme si l’accusation suffisait à créer la faute. Sauf qu’en droit, non. Il faut prouver. Démontrer. Établir. Et pour l’instant, ce socle ressemble davantage à une construction fragile qu’à un édifice solide.
Beaucoup de bruit, peu de droit ?
À ce stade, une chose est claire : ce dossier en dit moins sur une prétendue escroquerie que sur la facilité avec laquelle une affaire peut être propulsée dans l’arène publique… avant même d’avoir franchi le seuil du droit. Me Sarah Oniane a choisi son camp : celui des faits, des textes, et d’une rigueur qui tranche avec le tumulte. Reste à savoir si, dans cette affaire, le droit parlera plus fort que le bruit.



