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Burkina Faso : Ibrahim Traoré face au terrorisme : « Nous sommes responsables… », la prise de parole sans détour du président de la Transition burkinabè

Ouagadougou, 10 juin 2026. Le titre claque comme un slogan. Les vérités d’Ibrahim Traoré qui tranchent avec la communication classique des régimes en guerre.

Dans un contexte sahélien où l’on accuse volontiers « la main de l’étranger » ou « l’héritage colonial » la formule « Nous sommes responsables » est un virage rhétorique. Ibrahim Traoré déplace le curseur : avant d’être un complot extérieur, le terrorisme serait d’abord le produit de failles internes.

« Sans langue de bois », le leader burkinabè accuse directement « les cadres et l’élite dirigeante qui ont oublié les masses populaires ». Et il martèle : « Nous sommes responsables du malheur qui nous arrive. Si nous ne changeons pas notre manière d’être, ne croyez pas que nous allons continuer à vivre tranquillement dans ces salles climatisées pendant que d’autres souffrent. Non. D’autres ne peuvent pas souffrir pendant que certains vivent dans un luxe insultant. »

En endossant la responsabilité, le capitaine place l’État, les élites et la société face à leurs propres manquements. Corruption, abandon des zones rurales, prédation des ressources, faillite du contrat social : autant de terreaux que les groupes armés exploitent. C’est une tentative de nationaliser le problème pour nationaliser la solution.

Le discours du militaire : « Je n’ai pas de langue de bois »

Le président de la Transition assume son ton frontal :  « Nous avons été prévenus, mais nous n’avons pas voulu écouter. Toute cette vie de fête dans les villes peut s’arrêter du jour au lendemain si nous ne changeons pas. Je sais que personne ne vous parle ainsi, mais je vous le dis franchement aujourd’hui. »

Il oppose deux Burkina : celui des « salles climatisées » et du « luxe insultant », et celui des populations qui « souffrent ». Un clivage qu’il juge explosif. « Chacun pourra choisir ce qu’il veut pour le Burkina », lance-t-il, avant de préciser sa posture : « Je ne suis pas politicien. Je n’ai pas de langue de bois. Je suis militaire, et je préfère dire la vérité ».

Ce positionnement de « militaire qui dit la vérité » contre les « politiciens »est une ressource discursive puissante. Elle lui permet de se présenter comme l’homme de la rupture, étranger aux compromissions de l’élite qu’il dénonce.

Un ultimatum moral

Sa conclusion est « sans appel » : « nous sommes responsables de ce qui nous arrive. Et nous serons responsables de ce qui viendra. Tout dépendra de nos comportements futurs. Chacun doit donner le meilleur de lui-même ».  Et pour verrouiller tout débat : « Personne ne viendra me dire le contraire » , recadre le leader burkinabè.

 

 

 

 

 

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