Abdoul Niang : le journaliste malien pointe la responsabilité des pétromonarchies dans la radicalisation au Sahel

Journaliste et chroniqueur malien, Abdoul Niang est une voix qui ne passe pas inaperçue. Connu pour son passage à Radio Dambé puis à Émergence FM, il s’est forgé une réputation de franc-parler sur les questions de société et les enjeux politiques nationaux.
Et il n’a jamais ménagé ses critiques, notamment envers la politique française au Sahel. Cependant, au mois de mai dernier, dans un entretien accordé à AES Tv, Abdoul Niang a proposé une lecture qui bouscule le débat. Pour lui, le terreau du terrorisme sahélien ne se trouve pas d’abord du côté des puissances occidentales.
Il le situe ailleurs : dans l’islamisme radical entretenu et financé de longue date par certaines pétromonarchies du Golfe. Il cite nommément l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Koweït et les Émirats Arabes Unis. Selon le chroniqueur, ce sont ces capitaux et cette idéologie, diffusés depuis des décennies, qui auraient nourri les filières de radicalisation aujourd’hui à l’œuvre au Sahel.
Abdoul Niang va plus loin. Il affirme que plusieurs chefs terroristes actifs dans la région se seraient radicalisés au retour de séjours d’études effectués en Arabie Saoudite. Sa formule est directe : « partout où l’on trouve une organisation terroriste, on retrouve derrière une idéologie salafiste. »
Pour lui, ce courant, financé et diffusé par Riyad, constitue le socle commun de la plupart des mouvements djihadistes dans le monde. Le journaliste dit alerter les autorités et l’opinion malienne sur ce phénomène depuis plusieurs années. Une position qui, selon lui, lui aurait déjà valu des tensions.
Avec cette sortie, Abdoul Niang remet au centre du débat une question sensible : celle des financements étrangers de l’idéologie radicale. Alors que le Sahel lutte depuis plus d’une décennie contre les groupes armés, sa thèse déplace le curseur. Moins sur l’ingérence occidentale, plus sur l’influence idéologique venue du Golfe.
Une analyse qui fait débat, mais qui a le mérite de poser frontalement la question : d’où vient l’idéologie qui nourrit le terrorisme ?



