Politique

Droit de réponse  d’un fils de la Louetsi-Wano à Ange Landry Mbeng alias Lanlaire : « la poussière que l’on tente de jeter sur une femme digne revient toujours sur les mains de celui qui la lance « 

J’ai pris connaissance des propos que Monsieur Ange Landry Mbeng alias Lanlaire a déversés sur les réseaux sociaux à l’encontre de Madame Zita Oligui Nguema, Première Dame de la République gabonaise. En tant que fils de la Louetsi-Wano, nourri à la sève de la tradition nzebi, je ne puis laisser passer en silence un tel torrent de paroles où l’outrance tient lieu de pensée et l’injure de argument.

Chez nous, Nzebi, on enseigne très tôt que « la langue peut porter le feu ou l’eau » : elle peut apaiser, comme elle peut ravager. On nous répète qu’« un mot mal sorti ne se rattrape pas », et que « celui qui parle sans frein finit par se dévoiler lui-même ».

Ce que j’ai entendu dans cette sortie de Lanlaire n’a rien d’une contribution au débat : c’est une pluie de propos agressifs, sans substance, où le vacarme semble être le seul objectif.

En s’attaquant à Madame Zita Oligui Nguema, c’est une femme de pudeur, de piété et de retenue que l’on a cherché à traîner dans la poussière. Ceux qui la connaissent savent qu’elle ne se sert ni de son rang, ni de son titre pour humilier qui que ce soit.

La sagesse nzebi dit : « Quand tu vois quelqu’un sur le devant de la case, ce n’est pas une raison pour lui jeter la boue. » La fonction de Première Dame expose au regard de tous, elle ne donne pas licence à l’irrespect.

Mais l’atteinte portée à Madame Zita ne s’arrête pas à sa seule personne. En visant l’épouse, c’est aussi la famille que l’on blesse, et d’abord la mère du Chef de l’État, Madame Alice, belle-mère de Zita, femme qui a porté, élevé et accompagné le Président Brice Clotaire Oligui Nguema jusqu’aux plus hautes responsabilités qui a été aussi copieusement insultée.

Dans notre tradition, on sait qu’« insulter la femme de ton prochain, c’est caillasser la cour de sa mère ». On ne peut prétendre respecter le Président tout en jetant, par le détour de son épouse, l’ombre du mépris sur celle qui lui a donné le jour.

En parlant avec désinvolture de la Première Dame, Lanlaire blesse aussi la femme gabonaise en général et  la femme Nzebi en particulier. Le Nzebi comprend que la lignée est un tissu : toucher un fil, c’est faire vibrer tout le tissu. C’est pourquoi, en prenant la plume pour défendre Zita Oligui Nguema, je défends dans le même geste l’honneur de sa belle-mère, cette mère Nzebi qui a façonné son fils et qui mérite le respect pour son rôle silencieux, constant et essentiel dans la vie du Président.

Je ne me permets pas de juger Lanlaire sur ce qu’il est ni sur les choix intimes qui sont les siens. La tradition nzebi nous apprend que « chacun porte son propre chemin », et que ce chemin relève d’un dialogue entre l’être humain et sa conscience.

Ce que je questionne, avec fermeté, c’est l’usage qu’il fait de sa parole et de sa visibilité : quand on attire les regards, on se doit de porter des mots qui élèvent. Se servir de cette exposition pour insulter, provoquer et semer la médisance, c’est prendre la lumière pour mieux diffuser l’ombre.

Dans notre culture, on respecte les femmes, les mères, les épouses.  On sait que « celui qui jette la pierre sur la mère prépare la honte pour sa propre maison ». En évoquant le nom de Madame Zita Oligui Nguema avec une telle désinvolture, Lanlaire ne l’a pas seulement offensée, il a ouvert une brèche de mépris qui touche également à notre belle mère, maman Alice  mère du Président, et à travers elle toute la communauté Nzebi qui voit en sa personne une figure de respect. C’est cette double dignité, celle de l’épouse et celle de la mère, que je choisis de protéger par la parole.

Les Nzebi n’applaudissent pas la vulgarité, ils la regardent de loin, comme on regarde un feu de brousse qui finira par s’éteindre faute de bois noble. J’aurais pu, comme beaucoup, répondre par la même violence, me laisser entraîner sur le terrain de l’insulte et de l’invective.

Mais « l’enfant de la Louetsi ne descend pas dans la boue pour suivre le coq en colère » : il reste sur la rive, il observe, et il parle avec hauteur. Mon silence aurait pu être ma seule réponse ; cependant, certains excès exigent que l’on mette des mots clairs pour rappeler ce qui est juste.

Que Lanlaire sache ceci : « Quand le tambour fait trop de bruit, on finit par ne plus entendre le message. » À force de chercher le scandale, on perd la crédibilité. À force de substituer la vulgarité à la réflexion, on se coupe de ceux qui cherchent la vérité.

Les Nzebi savent reconnaître les paroles qui viennent du cœur et celles qui ne viennent que de la colère. Les premières restent ; les secondes s’évaporent avec le vent des réseaux.

À ceux qui croient que le vacarme donne du poids à la parole, j’oppose la gravité silencieuse du mépris. À ceux qui pensent que la vulgarité est un chemin vers l’importance, je rappelle que « la poussière que l’on tente de jeter sur une femme digne revient toujours sur les mains de celui qui la lance », et qu’en voulant atteindre l’épouse, on finit par manquer de respect à la mère de la nation dont la dignité demeure intacte malgré le bruit.

Étienne MAKOUNGOU

Penseur Libre de Low

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