Election à la FEGAFOOT annulée : Pierre Alain Mounguengui ridiculisé et poussé vers la sortie
Il aurait pu choisir une sortie plus honorable, Pierre Alain Mounguengui a plutôt choisi la voie de la défiance, de l’orgueil en présentant sa candidature pour un quatrième mandat à la tête de la Fédération gabonaise de football. Déclaration de contestation, marche de protestation, partout dans le pays les voix se sont faites attendre pour fustiger la candidature d’un homme qui a conduit le football gabonais dans le chaos.
Le ministre des Sports vient de mettre fin à ce charivari en procédant en l’annulation de l’élection. Une douche froide pour l’ex arbitre international. Maintenant. Les langues se délient, les masques tombent. « On ne peut plus continuer comme ça. Il faut arrêter l’hémorragie », lâche un dirigeant de club, excédé. Derrière cette phrase, une réalité brutale : le président de la FEGAFOOT ne fait plus l’unanimité pire, il cristallise désormais les frustrations. Un bilan sportif indigent, impossible à maquiller. Dans le football, tout finit toujours par se régler sur le terrain. Et sur ce terrain-là, le verdict est sans appel.
Depuis l’ère Alain Pierre, les résultats sont jugés globalement négatifs, irréguliers, sans ligne directrice. Aucune progression structurelle visible. Aucun cap assumé. Aucune dynamique durable. Un ancien international, visage fermé, tranche sans détour. « On ne dirige pas une fédération avec des communiqués. Le football, c’est des résultats. Et les résultats sont là : ils sont mauvais. » Le constat est violent, mais partagé. Et surtout, il n’est plus contesté.
Le peuple du football parle, et il accuse
Dans les quartiers, autour des stades, chez ceux qui paient leur billet et leur passion sans retour, la colère est plus directe, plus crue. « On a perdu notre football », lâche un supporter, presque résigné. Un autre, plus acerbe. « Ce n’est pas une fédération, c’est une illusion administrative. Sur le terrain, il n’y a rien. » Les riverains ne parlent pas de gouvernance. Ils parlent de fierté perdue. D’un football qui ne fait plus vibrer. D’une équipe qui ne fait plus peur. Et dans leur esprit, le responsable est clairement identifié. Une fédération coupée de la réalité du terrain. Le problème n’est plus seulement Pierre Alain Mounguegui. C’est le système qu’il incarne.
Une fédération perçue comme distante, bureaucratique, incapable de produire du jeu, de structurer les clubs, de faire émerger une vision. Un ancien cadre technique résume, froidement « Ce n’est plus du pilotage. C’est de l’improvisation institutionnalisée. » Le diagnostic est implacable : la FEGAFOOT ne contrôle plus son propre récit. Elle subit les événements, accumule les retards, et laisse le football gabonais s’enliser dans une médiocrité devenue structurelle.
Analyse : quand le pouvoir s’accroche, le football s’effondre
Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si Alain Pierre peut redresser la situation. La vraie question est devenue plus brutale, plus politique, plus dérangeante, combien de temps encore le football gabonais peut-il se permettre de rester sous sa direction ? Car pendant que les instances discutent, le terrain, lui, continue de rendre son verdict. Et ce verdict est déjà tombé.



