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( Libre propos ) Conseil National de la Démocratie (CND) : Quand la démocratie fou le camp !

IMG Simplice Ibouanga.

Simplice Ibouanga (*)

Le lundi 27 novembre 2023, j’ai adressé une correspondance en ma qualité de Président de l’Alliance pour la Renaissance Nationale (ARENA) à maître Séraphin Ndaot Rembogo, Président du CND. Cette institution souhaitée par les acteurs politiques de notre pays lors des Accords de Paris en 1994. Ma correspondance dont l’objet porte sur la participation de M. Richard Moulomba Mombo (ex Président de l’ARENA) à la deuxième session ordinaire du CND de l’année 2023 et observations diverses a été reçue comme un geste de lèse-majesté par le Conseiller en communication par ailleurs neveu du Président de cette institution.

 

Quelques heures après, M. Jules Radiata Ngoma alias Agombe Nero m’a sorti du groupe WhatsApp de l’institution que dirige son oncle, sans explication aucune. Il est clair qu’il n’a pas agi de son propre chef, il n’est que le conseiller du Président et non le patron de l’institution. 

 

A l’heure où le scandale du fils et la femme de l’ancien Président Ali Bongo Ondimba est encore frais et que la poussière du côté de Malabo avec le scandale financier de la famille Ona Ondo fait le tour des salons et autres endroits de débats, voici un neveu qui donne l’occasion à la République de crucifier son mentor sur le pilori de la démocratie à la grande place publique. Mon grand-père disait : « Fils, ce ne sont pas toutes les tables de la famille que tu dois débarrasser… ».  

 

Dans une institution qui se veut responsable, à la place de ma suspension au débat dans la maison du débat, on m’aurait invité à la table du débat sur la question de l’imposture que je pose clairement et que développe un article de presse qui s’interroge si le CND ne ce serait-il pas rendu complice de l’imposture en recevant l’ex Président de l’ARENA à la deuxième session ordinaire de 2023 de cette institution ? Et surtout en concluant au terme des travaux que l’ARENA serait la propriété d’un individu. Il est à rappeler aux adeptes des petits cadeaux que l’ARENA n’est pas une entreprise individuelle de leur circuit économique et ne peut se dissoudre par une commission dont le copinage est partagé comme le pain de messe le dimanche, le jour du culte.

 

Par la correspondance n°111/PCND/2023 du 24 octobre 2023, le Président du CND suspendait de son institution les partis politiques qu’il qualifie « être en conflit ». Notre parti y figurait en bonne place. Mais à la même session, il a autorisé la présence de l’ex Président de notre parti. Cet acte donne la possibilité aux non-initiés en droit de donner une leçon de cette matière à un haut juriste de notre pays ! Il aurait fallu attendre la prochaine session pour adouber un membre du clan ! Les habitudes ont la peau dure ! Confortant ainsi tout le mal que pensent de nombreux compatriotes sur cette institution : Le CND en matière de règlement de conflit dans les formations politiques se comporte malheureusement comme « une tour de pise », sur le même modèle que l’ancienne Cour Constitutionnelle de notre très cher pays. Pour reprendre une expression chère au Président Mwang Mbadinga : « Qui perd, gagne… ».

 

L’institution dont l’objet est d’assoir et de promouvoir les valeurs démocratiques dans notre pays se fourvoie pour des basses questions et d’intérêts partisans qui entravent son sérieux. L’une des missions premières de cette institution n’est-elle pas le droit à la parole, le droit de dire ? la démocratie se définit comme parole à part entière, du point de vue de sa pratique quotidienne. Mais objet d’étude pour les spécialistes de la question notamment les politologues, les philosophes, les sociologues…

 

Notre démocratie libérée le 30 août 2023 par les forces de défense et de sécurité est mise à rude épreuve dans sa propre maison. A l’heure de la restauration de tout, il nous faut arrêter cette trajectoire observée par tous depuis plusieurs années. Il serait important que les compatriotes en fonction dans cette institution sachent que leur posture actuelle est semblable à un locataire pendant sa période du bail. Dans le cas du CND, l’Etat reste l’unique propriétaire et le bureau squelettique que dirige maître Séraphin Ndaot Rembogo qui assure les affaires courantes depuis plus de quatre ans devrait agir avec l’exemplarité du locataire qui sait fort bien que demain, le bailleur reprendra son bien. 

 

Si une prestigieuse institution est dans les mains des copains et coquins, elle ne sert plus l’Etat. Mais disons clairement qu’ils se servent ! Ils ont choisi de fermer les oreilles pour ne pas écouter le coup de sifflet de la fin de la récréation donné depuis le matin du 30 août 2023. L’invitation à la restauration du CND ne serait qu’une logique pour libérer la DEMOCRATIE.

 

 

(*) Président de l’Alliance pour la Renaissance Nationale (ARENA),

Trésorier général adjoint de la Coalition des Gabonais Républicains (CGR),

Professeur certifié des lycées en Français (Ecole Normale Supérieure de Libreville),

Romancier-Essayiste,

Doctorant en Philosophie en Sciences de l’éducation appliquée aux NTIC (ICT University   USA-ICT University Cameroun).

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