Paul Ulrich Kessany – Alain Giresse : le retour d’un mentor ou le pari d’une proximité assumée ?

Le retour annoncé d’Alain Giresse au cœur du football gabonais suscite autant d’espoir que d’interrogations. Si sa nomination à la Direction technique nationale venait à être officialisée, elle marquerait le retour d’une figure qui a laissé une empreinte durable sur les Panthères. Mais derrière cette décision se cache également une réalité politique et sportive : le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany, retrouve celui qui fut son entraîneur lorsqu’il portait le brassard de la sélection nationale.
Cette histoire commune nourrit naturellement les débats. Dans le football, les relations de confiance entre un ancien entraîneur et son ancien capitaine ne sont ni rares ni condamnables. Elles peuvent même constituer un atout lorsqu’elles servent un projet sportif cohérent. En revanche, elles exposent les décideurs à une exigence accrue de transparence.
Aujourd’hui, le football gabonais traverse une crise profonde. Championnats en difficulté, formation des jeunes insuffisante, gouvernance régulièrement contestée et résultats en dents de scie : les défis dépassent largement la nomination d’un seul homme. Alain Giresse revient avec une réputation solide et une connaissance du football africain, mais il sera jugé sur sa capacité à reconstruire un système, pas sur son passé.
Les observateurs rappellent que Paul Ulrich Kessany a évolué sous les ordres d’Alain Giresse lors de son premier passage à la tête des Panthères. Cette collaboration sportive est un fait connu. Elle explique en partie la confiance qui semble exister entre les deux hommes. Pour autant, cette proximité devra être accompagnée d’une gouvernance exemplaire afin d’écarter toute suspicion de favoritisme.
Le véritable enjeu n’est donc pas de savoir si Alain Giresse est proche du ministre. La vraie question est de savoir si ce retour apportera enfin les réformes que le football gabonais attend depuis des années. Les supporters réclament des résultats, une stratégie de développement, une meilleure organisation des compétitions et une politique ambitieuse pour les jeunes talents.
Au Gabon, les échecs répétés du football national ont souvent été attribués aux querelles de personnes plutôt qu’à une vision d’ensemble. Si le retour d’Alain Giresse s’inscrit dans un projet technique sérieux, alors cette décision pourra être saluée. Dans le cas contraire, elle ne sera qu’un épisode supplémentaire dans une longue série de rendez-vous manqués.
Le football gabonais n’a plus besoin de symboles. Il a besoin d’une révolution de sa gouvernance, d’une direction technique crédible et d’une obligation de résultats. C’est à cette aune que seront jugés Paul Ulrich Kessany et Alain Giresse, bien plus que sur leur histoire commune.



