Visite de terrain, lutte contre l’absentéisme, réorganisation des équipes… : ARTF, comment Ludovic Megne Ndong tente de redresser une maison en difficulté

Trois semaines après sa prise de fonction, le nouveau Président du Conseil de Régulation de l’Agence de régulation des transports ferroviaires (ARTF), Ludovic Megne Ndong, a choisi la voie la plus directe : celle du terrain. Le mardi 7 juillet, il a effectué sa première mission officielle à la gare Virié d’Owendo et au pont-bascule d’Essassa. Un signal fort à l’heure où le secteur ferroviaire gabonais attend des actes concrets.
Trop longtemps, la régulation s’est faite depuis les bureaux. Le nouveau président du Conseil de régulation de l’ARTF compte bien inverser cette mauvaise pratique. En effectuant une visite de terrain en plus d’échanger avec les agents de la Coordination régionale de l’Estuaire, il a pu poser un diagnostic sans filtre des obstacles à la régulation du chemin de fer : conditions de travail, besoins en équipements, absentéisme, lenteurs administratives.
Pour l’ex ministre de l’Habitat, on ne peut pas contrôler et arbitrer efficacement un réseau qu’on ne connaît pas. En allant à la rencontre des équipes, le nouveau Président entend fonder ses décisions sur des faits, pas sur des rapports. C’est la condition pour restaurer la crédibilité de l’ARTF auprès des usagers comme des opérateurs.
Des équipements stratégiques au cœur des priorités
La visite du pont-bascule d’Essassa et du scanner à bagages de la gare Virié n’est pas anodine. Ces deux outils sont vitaux : le premier pour sécuriser les infrastructures en contrôlant les charges, le second pour protéger les voyageurs. Or leur mise en service complète tarde. En les plaçant au centre de sa première sortie, Ludovic Megne Ndong envoie un message : la modernisation ne sera pas qu’un discours. Elle passera par la disponibilité immédiate des moyens techniques. Sans équipements fonctionnels, aucune réforme ne tiendra.
Dans un contexte marqué par la réorganisation de l’ARTF, le Président du Conseil de Régulation tiens à fixer le cap : discipline, responsabilité, performance. Il cible 4 chantiers urgents : le redéploiement des ressources humaines, la lutte contre l’absentéisme, la dotation en équipements, et le respect strict des obligations professionnelles.
Cette fermeté se justifie. Car, rappelle le PCR, l’ARTF a une mission régalienne : contrôle, conseil et arbitrage. Elle ne produit rien, mais elle garantit que tout fonctionne. Pour cela, il faut une administration exemplaire. Le choix d’associer d’emblée le Secrétaire Exécutif et le comité de direction à cette tournée montre la volonté de faire corps et d’éviter le pilotage solitaire.
Inscrire l’ARTF dans la dynamique nationale
Au-delà de l’interne, cette visite s’inscrit dans la politique des hautes autorités de moderniser le Transgabonais. Un chemin de fer fiable est un levier de développement économique : il désenclave, il transporte les marchandises, il structure le territoire.
En annonçant des visites prochaines jusqu’à Franceville, Ludovic Megne Ndong pose les bases d’une gouvernance de proximité sur tout le corridor. L’objectif est que l’ARTF ne soit plus perçue comme une administration lointaine, mais comme un partenaire de terrain pour la préservation des infrastructures et l’amélioration du service.
Si la dynamique se confirme, l’ARTF peut redevenir le régulateur de référence dont le secteur ferroviaire gabonais a besoin. Le terrain a parlé. Il reste à légiférer, équiper et sanctionner pour que les mots deviennent des rails solides.



