Pour Bilie-By-Nze le gouvernement actuel est en pilotage automatique, sans cerveau ni boussole
Il faut parfois que les anciens serviteurs du système viennent dénoncer ce que les nouveaux maîtres n’osent pas regarder en face. En dressant un constat sévère de la gouvernance actuelle, Alain-Claude Bilie-By-Nze met le doigt là où ça fait mal : l’incompétence devenue méthode, l’improvisation érigée en doctrine, et la communication utilisée comme cache-misère politique.
Quand Bilie-By-Nze parle d’amateurisme, il ne force pas le trait. Il décrit une réalité vécue chaque jour par la population : un État paralysé, une administration asphyxiée, un gouvernement incapable de penser, planifier, exécuter.
Après près d’un an de gestion, le régime actuel est toujours incapable de produire une simple feuille de route stratégique, pourtant exigée dès les premiers jours par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Un an. Douze mois. Trois cent soixante-cinq jours. Et toujours rien.
Pas de cap clair. Pas de programme lisible. Pas de calendrier d’actions. Pas de vision structurante.
Seulement une succession d’annonces creuses, de promesses recyclées et de slogans administratifs qui s’empilent comme des dossiers poussiéreux dans les couloirs ministériels. À ce niveau d’errance stratégique, il ne s’agit plus d’un retard : c’est un naufrage politique.
L’État en panne, la population à bout
Sur le terrain, le constat est brutal hôpitaux délabrés, écoles abandonnées, routes défoncées, inflation incontrôlée, chômage galopant et de l’administration lente, corrompue, inefficace.
Exactement les mêmes symptômes que sous le régime d’Ali Bongo Ondimba.
La rupture promise ? Une illusion politique. Le changement annoncé ? Une mise en scène. La refondation proclamée ? Une supercherie institutionnelle. Le peuple, lui, ne s’y trompe plus : les acteurs ont changé, mais la pièce est la même.
Quand le pouvoir préfère attaquer que gouverner
Au lieu de produire des résultats, le régime dépense des millions de francs CFA pour orchestrer des opérations médiatiques contre Bilie-By-Nze sur les plateaux français. Une stratégie absurde : combattre la critique plutôt que corriger l’échec.
Car les véritables saboteurs de la stabilité nationale ne sont pas dans l’opposition. Ils siègent au cœur même du pouvoir, dans les salons climatisés où l’on intrigue, où l’on complote, où l’on bloque, où l’on sabote silencieusement toute dynamique de réforme.
La transition est ainsi devenue un champ de bataille d’egos, où chacun lutte pour sa position, pendant que le pays s’enlise.
L’amateurisme comme danger national
Un gouvernement incapable de structurer son action en 100 jours n’est pas seulement inefficace, il devient dangereux pour la stabilité nationale. Car l’improvisation prolongée engendre frustration sociale, colère populaire et perte de confiance dans l’État, délégitimation progressive du pouvoir. L’histoire africaine est pourtant claire : ce sont les transitions ratées qui fabriquent les crises durables.
Bilie-By-Nze : ennemi public ou lanceur d’alerte ?
Paradoxe cruel : celui qu’on accuse de vouloir déstabiliser le pays apparaît aujourd’hui comme l’un des rares à défendre une logique de stabilité institutionnelle réelle. Sa critique n’est pas une entreprise de sabotage. C’est une alarme politique.
Il rappelle une vérité simple. Un pouvoir sérieux agit avant de communiquer. Il réforme avant de célébrer. Il structure avant de promettre. À l’inverse, ce régime communique avant d’agir, promet avant de penser, annonce avant de décider.
Une transition qui tourne à la mascarade
Chaque jour qui passe sans vision claire rapproche cette transition d’un gâchis historique. Le peuple gabonais n’attend pas des effets d’annonce. Il attend des routes, de l’eau, de l’électricité, des emplois, des soins et de la dignité. À la place, on lui sert des discours creux et des guerres médiatiques stériles.
Le vrai scandale, c’est l’incapacité
Le véritable scandale n’est pas la critique de Bilie-By-Nze. Le scandale, c’est l’incapacité chronique du gouvernement. Le scandale, c’est l’absence de cap, l’improvisation permanente et la dilapidation des ressources publiques, la reproduction fidèle des pratiques de l’ancien régime.
À ce rythme, la transition risque de devenir un gigantesque rendez-vous manqué, une parenthèse politique vide, une occasion historique sabotée par l’incompétence. Et comme dirait le peuple, avec une lucidité implacable : « On a changé les noms, mais la souffrance est restée. »



