Politique

Le ministre Moukoumbi claque la porte du PDG et fait son adhésion à l’UDB : un retournement de veste sur fond d’humiliation

La politique locale réserve toujours son lot de coups de théâtre, de retournements de veste et de funambulisme de haut vol. La commune de Lebamba en a été le théâtre privilégié hier, à l’occasion de la présentation et de l’installation officielle des responsables locaux de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), le parti présidentiel, désormais chargé d’asseoir son hégémonie dans le département de la Louetsi-Wano.

Sur le papier, l’événement frôlait la perfection : mobilisation des grands jours, ferveur militante à son comble et, cerise sur le gâteau, l’officialisation de l’adhésion d’une Figure politique, Edgard Moukoumbi, actuel ministre des Travaux publics et de la Construction. Pourtant, derrière les sourires de façade, cette intégration spectaculaire s’est transformée en une véritable humiliation politique pour le nouveau venu.

Si la foule a applaudi, cette adhésion suscite de profondes interrogations qui dépassent largement les frontières de Lebamba. Le profil d’Edgard Moukoumbi interpelle. L’homme est en effet bien connu dans la région pour son activisme politique passé, caractérisé par une opposition frontale aux candidats de l’UDB lors des précédents scrutins législatifs, municipaux et sénatoriaux.

 Les griefs à son encontre sont tenaces :

Des manœuvres à Lebamba : financement occulte de l’ opposition et déstabilisation des alliances signées au sommet des partis UDB/PDG lors de l’élection du sénateur et les bureaux des conseils.

  Des ingérences dans la Dola (Ndendé)

Des consignes de vote explicites données en faveur de son mentor d’hier, Yves Fernand Manfoumbi, au détriment direct de son collègue du gouvernement et Secrétaire Général de l’UDB, Mays Mouissi.

Certains rappellent encore avec amertume l’épisode des sénatoriales, où des conseillers municipaux et départementaux du PDG auraient été littéralement « séquestrés » dans la Dola pour empêcher le candidat UDB de battre campagne, scellant la défaite de ce dernier malgré une majorité théorique.

 La hauteur de vue de Mays Mouissi : un piège politique parfait

En acceptant de présenter Edgard Moukoumbi sur la place publique hier, le Secrétaire Général de l’UDB, Mays Mouissi, a fait preuve d’une hauteur de vue et d’un sens du politiquement correct remarquables. Mais les observateurs avertis ne s’y trompent pas : sous le vernis de la bienséance, il s’agissait d’une mise au pas en règle.

En ramenant le néo-militant à sa stricte condition de demandeur d’asile politique, Mays Mouissi a subtilement humilié celui qui, hier encore, brassait « l’air du temps » sous les couleurs du PDG, exécutant les ordres dictés depuis Ndendé pour semer la pagaille à Lebamba.

Aujourd’hui, cette transhumance soudaine apparaît aux yeux de tous non pas comme une conversion par conviction militante, mais comme une pure gymnastique politicienne, aussi visible que risible. Le slogan brandi pour l’occasion «Unifier les filles et les fils de la Louetsi-Wano »  peine à masquer l’objectif réel de l’opération : une tentative désespérée de maintien au gouvernement.

Grondements à la base : risque de démissions en cascade

Si Edgard Moukoumbi espérait un parachutage doré pour coiffer au poteau les hiérarques locaux de l’UDB et s’emparer du leadership dans la Louetsi-Wano, la douche froide risque d’être durable. Le Secrétaire Général du parti a envoyé un signal clair : l’opportunisme ne saurait effacer le mérite. Selon les informations recueillies sur place auprès des pionniers locaux de l’UDB, la base militante est vent debout contre toute velléité de donner les premiers rôles à celui qu’ils combattaient hier. « S’il est parachuté par le haut pour diriger le parti ici, après toutes les manigances qu’il a orchestrées contre nous, ce sera le signal de démissions en cascade », prévient un militant de la première heure.

Edgard Moukoumbi a rejoint l’UDB, mais il vient d’apprendre à ses dépens que dans le parti présidentiel, le respect des militants de la première heure et la loyauté ne se négocient pas au prix d’un strapontin ministériel.

 

 

 

 

 

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