Recensement général de la population et du logement : la Cour constitutionnelle déploie ses équipes dans les neuf provinces du Gabon pour vérifier les données
Après l’audition du ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, au Palais de la Constitution, audition conduite par le président de la Cour constitutionnelle, Dieudonné ABA’A OWONO, en présence des juges constitutionnels le 12 août dernier, la Haute Juridiction passe à une nouvelle étape de son travail : le déploiement de ses équipes dans les neuf provinces du Gabon pour procéder à la vérification, sur le terrain, des données issues du Recensement général de la population et du logement (RGPL).

Cette descente sur le terrain marque une étape décisive dans le processus devant conduire à l’homologation des résultats transmis à la Cour constitutionnelle par le Gouvernement. Des attentes considérables car il s’agit pour les juges constitutionnels de confronter les données consolidées au niveau national aux réalités observées dans les différentes provinces, afin de s’assurer de leur fiabilité, de leur cohérence et de leur conformité avec les opérations effectivement menées sur le terrain.
C’est dans cette dynamique que le doyen des juges constitutionnels, Joseph Owondault Berre, a échangé avec le gouverneur de la province de l’Estuaire, Marie-Françoise Dikoumba. Le gouverneur était accompagné, lors de cette rencontre, du préfet du département du Komo-Océan, du président du conseil départemental ainsi que du maire de Ndzomoe.
Au cours de cet échange, les discussions ont notamment porté sur le déroulement du RGPL dans la province et sur les résultats enregistrés. Selon Marie-Françoise Dikoumba, l’opération s’est globalement déroulée dans de bonnes conditions, avec un taux de couverture supérieur à 95 % au niveau provincial, malgré quelques difficultés rencontrées et prises en charge par les équipes techniques du ministère de la Planification.
Pour le gouverneur, ce niveau de couverture constitue un motif de satisfaction, dans la mesure où il permet de disposer d’une photographie plus précise de la population et de sa répartition territoriale. Des données qui, à terme, doivent contribuer à une meilleure orientation de l’action publique, notamment dans des secteurs aussi essentiels que la santé, les infrastructures et les services de proximité.
Des réalités de terrain au cœur de la vérification
Au-delà des chiffres, la mission des équipes de la Cour constitutionnelle entend également prendre en compte les réalités auxquelles ont été confrontés les agents recenseurs. Le gouverneur de l’Estuaire a notamment appelé, pour de futures opérations, à renforcer le maillage territorial et à mettre davantage de moyens matériels à la disposition des équipes, particulièrement dans les zones difficiles d’accès.
Elle a insisté sur la nécessité de prévoir des moyens fluviaux et maritimes permettant aux agents recenseurs d’atteindre les populations vivant dans les zones les plus reculées. Ces observations illustrent précisément l’importance de la mission engagée par la Cour constitutionnelle : au-delà des données statistiques transmises, il s’agit de vérifier les conditions concrètes dans lesquelles le recensement a été réalisé et d’apprécier la fiabilité des résultats à partir des réalités territoriales.
Les autorités locales appelées à accompagner la mission
Le déploiement des juges constitutionnels et de leurs équipes dans les neuf provinces devrait ainsi permettre de recueillir les informations nécessaires auprès des autorités administratives et politiques locales, mais également de confronter les données disponibles aux réalités constatées.
Dans cette perspective, Marie-Françoise Dikoumba a assuré que les autorités provinciales joueront pleinement leur rôle en informant les responsables administratifs et politiques du déroulement de cette mission et en facilitant l’accueil des équipes de la Cour constitutionnelle.
Cette mobilisation des autorités locales apparaît comme une condition essentielle à la réussite de cette phase de vérification, qui constitue un prolongement direct du travail d’examen engagé au Palais de la Constitution.
Une étape déterminante avant l’homologation
Avec cette opération de terrain, la Cour constitutionnelle entend donc aller au-delà de la simple réception des chiffres transmis par le Gouvernement. Elle se donne les moyens de vérifier, province après province, la réalité des opérations conduites dans le cadre du RGPL.
Après le travail de collecte, de consolidation et de transmission effectué par le Gouvernement via le ministère de la Planification et de la Prospective, vient désormais le temps du contrôle juridictionnel et de la confrontation avec les réalités du terrain. Ainsi Dieudonné ABA’A OWONO prône pour le strict respect des dispositions légales.
La dernière phase sera consacrée à l’analyse approfondie et à l’examen des données recueillies par les équipes de la Cour constitutionnelle. C’est à l’issue de cette ultime étape que la Haute Juridiction pourra statuer sur leur homologation, donnant ainsi une portée institutionnelle aux résultats définitifs du Recensement général de la population et du logement.



