De la pénurie de gasoil à celle de l’essence : Libreville suffoque !

Plus rien ne va à Libreville. Depuis plus d’une semaine, la capitale gabonaise suffoque. Ce qui n’était qu’une pénurie de gasoil est devenue une crise totale. L’économie tourne au ralenti, les transports sont quasiment à l’arrêt, les populations ne savent plus où donner de la tête. Et le pire vient d’arriver : à la pénurie de gasoil s’est greffée celle de l’essence.
On nous avait promis le bout du tunnel. Le Ministère du Pétrole et du Gaz, dans son communiqué du 3 octobre, annonçait fièrement un « retour progressif à la normale à compter du dimanche 4 octobre » avec l’arrivée d’un navire d’importation. Que nenni ! Nous sommes le mardi 7 octobre et la situation est toujours préoccupante.
La semaine dernière, c’était le gasoil. Les taxis-bus à l’arrêt, les camions bloqués, les groupes électrogènes en panne. Le calvaire des 5 000 F et 10 000 F par véhicule dans les stations.
Aujourd’hui, même si certaines stations du Grand Libreville sont pourvues progressivement en gasoil, c’est l’essence qui manque désormais à la pompe. Les automobilistes font le tour de la ville, de Nzeng-Ayong à Owendo, pour trouver 5 litres de Super. Les files d’attente s’allongent sous un soleil de plomb.
Libreville est passée d’une pénurie à une double pénurie.
Face à cette crise dans la crise, aucune explication n’est donnée. Où est le navire miracle annoncé pour le 3 octobre au soir ? A-t-il accosté ? A-t-il été déchargé ? Où est passé son contenu ? Pourquoi l’essence manque-t-elle maintenant alors qu’on nous parlait seulement d’une « diminution des stocks chez les marketeurs » pour le gasoil ?
L’administration est visiblement dépassée. Le Ministère du Pétrole, la Sogara, la SGEPP, tous ces acronymes qui nous coûtent des milliards en subventions – 55,3 milliards de FCFA en 2025 pour maintenir le prix le moins cher de la CEMAC à 595 F – sont incapables d’assurer la continuité la plus élémentaire : avoir du carburant dans un pays qui en produit.
On a géré la pénurie de gasoil en puisant dans les réserves de la SGEPP. Quelle est la stratégie pour l’essence ? Puiser où ? Et après ?
Cette pénurie n’est plus seulement une affaire de carburant. C’est une affaire d’économie. Les commerçants ne sont plus livrés, les fonctionnaires arrivent en retard, les parents ne peuvent plus déposer leurs enfants à l’école. Chaque litre manquant est une heure de travail perdue, un business qui ferme, une famille qui stresse.
On ne peut pas demander aux Gabonais de comprendre une « régulation temporaire » pendant plus d’une semaine. On ne peut pas leur parler de nouvelle raffinerie à Port-Gentil et d’études Technip Energies quand ils ne peuvent même pas mettre 10 000 F d’essence pour aller travailler demain.
Le gouvernement doit sortir du silence. Il doit dire la vérité sur l’ampleur de la crise et donner un calendrier réel, pas un communiqué de promesse qui ne se réalise pas.
Libreville a tenu une semaine sans gasoil. Tiendra-t-elle une semaine sans essence ?



