Economie

Grâce à l’audit de la dette publique : le Gabon repasse sous les 70% du PIB, mais la vigilance reste de mise

Grâce à un audit, l'encours de la dette gabonaise est ramené à 9 524 milliards FCFA. Une clarification comptable qui rassure les marchés, sans effacer les défis structurels.

C’est une bonne nouvelle pour les finances publiques : le Gabon repasse sous le seuil communautaire de 70% du PIB. Mais attention, ce n’est pas un miracle. C’est le résultat d’un travail de clarification du fait de l’audit effectué par l’exécutif gabonais.

9 524 MILLIARDS AU LIEU DE 11 700 MILLIARDS

Jusqu’ici, le flou régnait. Le Gabon disposait d’estimations divergentes de sa dette. Selon le communiqué du Ministère de l’Économie et des Finances du 13 septembre 2026, le stock consolidé de dette et de passifs exigibles est arrêté à 9 524,643 milliards de FCFA.  Un audit lancé le 17 juin 2026 a permis ce travail. Un comité ministériel a vérifié et regroupé toutes les sommes dues, selon les méthodes du FMI.  Au début de l’audit, l’estimation était de près de 11 700 milliards de FCFA. Après vérification, 2 175,357 milliards de FCFA ont été retirés des comptes. Soit -18,6%. 2949

Comme l’explique GabonReview, cela ne veut pas dire que l’État a remboursé cette somme. C’est une correction de périmètre : des dettes corrigées, reclassées ou écartées après vérification.

L’EFFET IMMÉDIAT : UN RATIO À 68,91%

C’est là que tout change. Sur la base d’une première estimation du PIB nominal 2025 de 13 822 milliards de FCFA, le ratio d’endettement ressort à 68,91% du PIB, juste sous le plafond de 70% fixé par la CEMAC. C’est symbolique et stratégique : Symbolique,  le Gabon était passé au-dessus du seuil CEMAC depuis 2023. Il repasse dessous. Stratégique : ce ratio est scruté par le FMI, alors que Libreville négocie un nouveau programme, et par les investisseurs. Résultat : selon BankAssur Afrik, l’audit a rassuré les marchés et fait grimper les obligations gabonaises.

Le communiqué du ministère de l’Économie  ne détaille pas quelles dettes ont été retirées, ni pourquoi. Il ne donne, non plus,  pas la répartition entre dette extérieure (4 180 milliards à fin mars 2025) et dette intérieure (2 998 milliards). Or, le FMI rappelait en 2024 que sans ajustement, la dette gabonaise pourrait grimper à plus de 100% du PIB d’ici 2029. La trajectoire reste haussière si les dépenses restent expansionnistes.

« Le Gouvernement a eu raison de faire cet audit. Il fallait une photographie fidèle. Repasser sous les 70% est une victoire comptable et politique qui redonne de la crédibilité. » estime un expert financier. Mais la dette reste colossale : 9 524 milliards. Le service de la dette reste élevé. Et la discipline budgétaire reste la clé.

 

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