Société

Crise à l’AGASA : Le SYNATA accuse Jean Delors Biyogue Bi Ntougou d’avoir porté « une atteinte insoutenable » à la gouvernance de l’agence

La crise couve à l’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire. Dans un communiqué cinglant publié ce 9 juillet, le Syndicat National des Travailleurs de l’AGASA (SYNATA), accuse le Directeur Général, Jean Delors Biyogue Bi Ntougou d’avoir porté « une atteinte insoutenable » à la gouvernance de l’agence. Au cœur du conflit : la gestion des recettes et le respect des statuts.

Tout part d’une décision du 14 janvier 2025. Par note n°000003, le DG avait délégué sa signature au DGA « dans un souci de renforcer l’efficience de la gouvernance. Le 30 juin 2025, le DGA a usé de cette délégation pour rappeler aux Délégués Provinciaux l’obligation de restituer les carnets d’ordres de recettes. Objectif : s’assurer que les bordereaux de versement correspondent bien aux encaissements. Une mesure classique de contrôle.

Sauf que le 3 juillet 2026, coup de théâtre. Par décision n°00010, le DG abroge sa propre délégation de janvier 2025. Motif invoqué : « confusion ». Dans la foulée, il transfère le visa et l’authentification des carnets de recettes de la DAF vers la Direction de l’Inspection et des Contrôles Sanitaires, DICS.

Pour le SYNATA, c’est « incompréhensible ». Comment un acte signé de la main du DG peut-il devenir soudainement source de « confusion », précisément au moment où un contrôle gênant est lancé ? Le syndicat y voit un « mécanisme qui fonctionne sans encombre depuis 18 mois » et s’interroge : « De quoi la Direction Générale a-t-elle peur ? »

Au-delà de la forme, c’est le fond qui fâche. Le syndicat dénonce une « violation de la répartition des compétences » fixée par le décret n°0190 du 21 mai 2014. La gestion budgétaire et comptable  relève exclusivement de la DAF, selon les articles 41 à 44 des statuts. Elle est chargée d’exécuter le budget et de tenir la comptabilité. La DICS n’a « aucune compétence en matière financière ou comptable ». Sa mission est exclusive : inspection sanitaire et phytosanitaire.

En confiant à la DICS l’organisation du contrôle des documents comptables engageant les recettes, le DG « détruit le dispositif de contrôle interne » prévu par les statuts. Pour le SYNATA, c’est créer une « confusion des compétences » qui fragilise toute l’institution.

Le SYNATA prend soin de se démarquer des « guéguerres de personnes ». Il assure ne pas se laisser entraîner dans un « coup de force » contre l’orthodoxie. « C’est sa décision du 3 juillet 2026 qui écarte des statuts de l’Agence, et le SYNATA ne saurait se taire face à ce naufrage managérial qui fragilise l’institution. »

Le syndicat formule 4 exigences claires : rétablir la compétence exclusive de la DAF sur les finances, faire toute la lumière sur les 200 carnets de recettes non retournés, saisir le Conseil d’Administration  pour qu’il use de son pouvoir de contrôle, rétablir le dialogue social dans le respect du Code du travail.

« Rappelons que l’autorité d’une institution publique repose d’abord sur le respect scrupuleux des lois par sa propre direction ». Par cette phrase, le SYNATA pose le débat : il ne s’agit pas d’attaquer un homme, mais de défendre des règles.

La question désormais est de savoir si le Conseil d’Administration et les tutelles entendront l’alerte. Car derrière cette crise de procédure, c’est la crédibilité technique et la transparence financière de l’AGASA qui sont en jeu.

 

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