Employabilité des jeunes : le Ministère du Logement lance 21 « stages-école » pour former la relève de l’administration

Deux mois pour apprendre le service public de l’intérieur. Le Ministère du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre a lancé Le jeudi 02 juillet à Libreville le recrutement de 21 stagiaires en stage-école, selon un communiqué consulté par l’Agence gabonaise de presse. Une initiative qui s’inscrit « conformément aux orientations de Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, en faveur de l’employabilité des jeunes ».
Pendant deux mois, les 21 jeunes seront au cœur de la machine ministérielle. Ils seront affectés au sein du cabinet du Ministre, des Directions Générales et des entités sous tutelle. Profils recherchés : Licence ou Master en Géographie, Juriste, Architecte, Marketing et communication, Gestion administrative.
Critères d’éligibilité : être de nationalité gabonaise, inscrit en Licence ou en Master, et fournir une pièce d’identité valide. En plaçant les stagiaires directement au sein du cabinet du ministre et des directions générales, le ministère casse le schéma du stage photocopie-café. L’idée : confronter 21 jeunes diplômés aux dossiers réels de l’habitat, de l’urbanisme et du cadastre.
C’est la traduction concrète des orientations présidentielles sur l’employabilité. Le message : l’État ne se contente plus de promettre des emplois, il ouvre ses bureaux pour former. Deux mois d’immersion valent mieux qu’un an de chômage déguisé.
Plans d’urbanisation dépassés, titres fonciers litigieux, habitat précaire. Les directions générales manquent souvent de géographes, de juristes et d’architectes jeunes, formés aux nouveaux outils. En recrutant sur ces 5 filières, le ministère cible ses propres carences. Le « stage-école » devient un pré-recrutement. Si l’expérience est concluante, ces 21 profils seront demain les cadres qui instruiront les permis, numériseront le cadastre ou négocieront avec les promoteurs.
L’initiative est louable, mais le chiffre interroge. 21 stagiaires pour un pays où des milliers de diplômés en droit, géo ou archi sortent chaque année des universités. Deux mois, c’est court pour peser sur les statistiques du chômage. Le risque : que le « stage-école » devienne un coup de com si l’opération n’est pas massifiée et débouchée sur de vrais contrats.



