Armande Longo épouse Moulengui veut fermer les centres d’accueil pour enfants en difficulté : l’État joue les shérifs après avoir déserté le terrain
Au Gabon, quand l’État est dépassé, il ne répare pas : il ferme. Quand il ne sait pas protéger, il menace. Et quand il est incapable d’organiser, il sanctionne les plus faibles. C’est la triste philosophie qui semble désormais guider l’action de Madame la ministre des Affaires sociales, Armande Longo épouse Moulengui, prête à fermer trois centres d’accueil privés, alors même que l’État ne dispose que d’un seul centre public fonctionnel dans tout le pays. Une absurdité administrative digne d’un manuel de gouvernance à l’envers.
La ministre découvre soudain l’insalubrité, la promiscuité et la vétusté. Étonnant réveil ! Ces réalités existent depuis des années. Mais hier encore, elles ne gênaient personne. Aujourd’hui, elles deviennent prétexte à une démonstration d’autorité aussi tardive que brutale.
Pendant des décennies, les centres privés ont compensé l’abandon chronique de l’État dans la protection de l’enfance. Faute de structures publiques, faute de budgets, faute de politiques sociales cohérentes, ces pensionnats ont servi de béquilles sociales à une République incapable de tenir debout sur le plan humain.
Et maintenant ? Le ministère débarque, carnet à la main, indignation au poing, pour expliquer que tout est indigne. Certes. Mais qui a laissé pourrir la situation ? Qui a agréé ces structures ? Qui les a contrôlées si rarement ? Qui les a laissées survivre sans accompagnement financier ? La réponse est simple : l’État lui-même.
Fermer, mais pour envoyer où ?
Fermer trois centres d’accueil dans un pays qui ne dispose que d’une seule structure publique saturée, c’est programmer froidement la dispersion sociale d’enfants déjà brisés. Où iront-ils ? Dans la rue ? Dans les marchés ? Sous les ponts ? Dans les réseaux d’exploitation ? Dans la délinquance de survie ?
Dans les couloirs de la mendicité organisée ?



