Economie

Franceville : l’État au chevet des sucreries du Gabon

Production au ralenti, stocks invendus, climat social tendu :  le ministre de l'Industrie Maitre Lubin Ntoutoume  a effectué une u immersion de terrain pour s’enquérir  des difficultés auxquelles font face  "Les Sucreries du Gabon".  

Les Sucreries du Gabon vont mal. Et le Gouvernement le sait.   Les 12 et 13 septembre, l’actuel ministre de l’Industrie a effectué  une mission de travail à Franceville. Laquelle mission  a été consacrée à la situation de la Société Les Sucreries du Gabon. Ce,  afin de mieux appréhender les difficultés qui affectent aujourd’hui cette importante unité de production.

Au-delà du constat, la démarche est claire : écouter, comprendre, agir.  Cette mission n’a pas été un survol en hélicoptère. Elle a été une plongée dans la réalité industrielle.  Sur le terrain, l’ensemble de la chaîne de production sucrière a été passé au crible :  la préparation des terres et les opérations d’épandage par drones, signe de modernisation, la plantation et la coupe de la canne, à l’heure où la campagne sucrière arrive à son terme, le transport vers l’usine, la transformation, l’ensachage et la conservation des stocks.

Un outil industriel complet existe. Il fonctionne. Mais il tourne au ralenti.  Le point le plus préoccupant est économique.  La mission a mis en lumière un non-sens : la difficulté d’écoulement des stocks de sucre auprès des industriels, alors même que ces industriels expriment des besoins en approvisionnement.

Du sucre produit localement dort dans des entrepôts pendant que des entreprises continuent d’importer. C’est l’échec de la préférence nationale et de la chaîne de valeur locale que le Gouvernement veut justement bâtir.  Comment demander aux Gabonais de produire local s’ils ne peuvent pas vendre local ?

Second enjeu majeur : le social.  Une attention particulière a été accordée au climat social consécutif à la reprise des actifs de SUCAF par le Groupe. Les inquiétudes sont réelles. Les travailleurs se questionnent sur leur avenir.  Des salariés ont été reçus, aux côtés de leurs délégués, pour un *échange franc, direct et constructif.

Le message délivré a été celui de la responsabilité : le Gouvernement de la République est disposé à prendre toute sa part dans la recherche de *solutions durables* et le rétablissement d’un fonctionnement normal.  Car une usine sans paix sociale ne produit pas.   Il ne saurait être question de se satisfaire des dysfonctionnements, encore moins de l’arrêt d’un tel fleuron de notre industrie. Laisser tomber les Sucreries du Gabon serait un contre-signal : comment parler de souveraineté industrielle si on laisse mourir ce qui existe déjà ?

Cette mission de Franceville s’inscrit dans une doctrine qui se précise :  Le Gabon doit produire. Le Gabon doit transformer. Le Gabon doit créer davantage de valeur sur son territoire. Pour les Sucreries, cela signifie : sécuriser l’écoulement des stocks en obligeant les industriels à s’approvisionner localement, accompagner la modernisation, et apaiser le front social.

L’État a écouté et compris. Il lui reste à agir. Le sucre gabonais ne doit plus être amer pour ceux qui le produisent.

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