Société

Crise à l’Église Évangélique du Gabon : le « collectif du peuple chrétien » dénonce une « ingérence » du ministère de l’Intérieur dans les affaires internes de l’Église

L’Église Évangélique du Gabon / EEG est en pleine zone de turbulence.  Les lendemains du Synode national du 3 au 9 août 2026, organisé « selon les règles qui régissent l’EEG » pour désigner un nouveau directoire, ne sont « pas de tout repos ».  Ce qui était hier une simple bataille pour la succession à la tête  la structure religieuse s’est transformé en un bras de fer mêlant le ministère de l’Intérieur.

Le  communiqué du ministère de l’Intérieur datée du 15 aout dernier est venu vient tout remettre en cause l’élection du nouveau patron de l’église. A travers la suspension à titre conservatoire du directoire issu du Synode, le Gouvernement exige la mise en place d’ un comité des sages pour organiser un nouveau synode dans 3 mois.

Pour l’EEG, le timing et la forme posent problème : une décision administrative qui tombe sur une élection interne revendiquée comme conforme.   Face à ce qu’elle considère comme une immixtion, la base réagit.

« Hier », pour « mettre les choses au point et exercer son droit de réponse », le « collectif du peuple chrétien de l’EEG » a organisé un point de presse à Baraka-Mission.

La déclaration, lue par l’ancien d’église Simon Obiang Akué, est sans détour : la décision du ministère est qualifiée d’ »ingérence dans les affaires internes de l’Église ».   C’est la première réaction publique structurée des fidèles depuis la suspension. Elle installe un nouveau rapport de force : l’État face à une partie du peuple de l’Église.

L’EEG dit avoir respecté ses statuts. L’État invoque l’ordre public et la nécessité de pacifier. Qui tranche ?  Dans le vide institutionnel,plusieurs voix appellent au dialogue et à l’organisation d’une période de transition pour sortir l’institution religieuse de l’impasse.

Cette crise intervient dans un contexte de Restauration des Institutions.  Pour l’État : tester sa capacité à imposer la transparence jusque dans les Églises.  Pour l’EEG : prouver qu’elle peut se réformer sans éclatement et sans perdre son autonomie.   Pour les fidèles : ne pas voir leur Église instrumentalisée ni divisée.  Les différents acteurs ont désormais 3 mois pour organiser un nouveau synode. Sans consensus, deux risques : une judiciarisation du conflit ou une scission.

Le prochain synode ne sera pas qu’une élection. Il sera un le moment d’une réponse à l’interrogation suivante : l’EEG est-elle encore capable de se gouverner seule, ou l’État devra-t-il durablement jouer les arbitres ?

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