Société

Paiement des vacations dans les universités : plus d’un milliard d’écart, vers le démantèlement d’un autre réseau d’enrichissement illicite ?

Le 13 juillet 2025, le ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr Charles Edgard Mombo, a convoqué la presse à Libreville. Objet : mettre fin au désordre qui gangrène le paiement des vacations dans les 12 établissements publics d’enseignement supérieur.

Le diagnostic est sévère : selon l’audit réalisé par le ministère de l’Économie, la dette déclarée par les universités s’élève à 3,488 milliards de FCFA. Après vérification, seuls 2,428 milliards ont été jugés conformes et payables. Autrement dit, plus d’1 milliard de FCFA s’est évaporé dans des heures non justifiées, des taux non harmonisés, des bénéficiaires introuvables.

Y aurait-il un réseau d’enrichissement illicite au cœur de ces écarts ? Comment en est-on arrivé là ?  C’est pourquoi il annonce le transfert du dossier vers le ministre de la Justice « pour suite à donner ». Non sans rappeler que : « désormais, aucune vacation ne devra être payée sans qu’elle ne soit auditée ».

USTM en grève : 700 millions déjà mobilisés

À Masuku, les cours sont à l’arrêt. Les enseignants réclament leur dû. Le gouvernement répond : une première enveloppe de plus de 700 millions est déjà disponible au Trésor, sur une dette globale de 1,206 milliard pour l’USTM.  Le message du ministre est clair : reprenez les cours. Les étudiants ne doivent pas payer l’addition d’un système défaillant.

Vers l’harmonisation… ou vers plus de contrôle ?

Le gouvernement annonce deux chantiers : transmission du rapport d’audit à la Justice pour « suites judiciaires éventuelles », et révision du décret de 2023 pour harmoniser les taux horaires et mettre fin aux disparités entre établissements.

Le ministre n’a pas manqué d’indiquer qu’une : « une vacation est une heure due. L’État paie toujours les vacations ». Preuve d’une volonté de « restaurer la crédibilité » est affichée. L’appel à « l’exemplarité » est lancé aux enseignants-chercheurs.  Mais la balle est surtout dans le camp de l’État. Auditer c’est bien. Payer à temps c’est mieux. Réformer c’est vital.  Le Gabon a besoin d’universités qui fonctionnent, pas d’universités sous perfusion d’enveloppes de crise.

 

 

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