Conspué, contesté, critiqué : comment le DG de l’AGASA tente de museler les voix critiques

La riposte ne s’est pas fait attendre. Au lendemain de la déclaration cinglante du SYNATA dénonçant le « naufrage managérial » en cours à l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA), le directeur général de cette entité a pondu une décision d’affectation afin d’expédier aux frontières de Libreville, César Pendangoye. Le leader du Synata a été envoyé manu militari dans la ville de Ntoum.
Pour rappel, le 9 juillet, le SYNATA publiait un communiqué de 4 pages dans lequel il dénonçait la décision n°00010 du 3 juillet par laquelle le DG Jean Delors Biyogue Bi Ntougou abrogeait la délégation de signature et transférait la gestion des recettes à la DICS. Le syndicat parlait de « violation des articles 41 à 44 » et de « coup de force contre l’orthodoxie ».
Pour les agents, difficile de ne pas faire le lien. Muter le porte-parole du syndicat au lendemain d’une sortie critique, c’est ce qu’on appelle une « sanction administrative déguisée ». Le SYNATA l’avait dit la veille : « Le SYNATA ne saurait se taire face à ce naufrage managérial qui fragilise l’institution ». Il réclamait aussi le « rétablissement du dialogue social dans le respect du Code du travail ».
En riposte, le bureau du Synata a vite fait de rappeler à directeur général visiblement à la peine que le droit syndical protège les représentants du personnel contre toute mesure discriminatoire liée à leurs activités. « L’article 2 du Code du travail gabonais est clair. » s’indigne un membre du bureau du Synata.
Pour plusieurs sources internes à l’Agasa, en tentant d’écarter Césare Pendangoye du siège, Jean Delors Biyogue Bi Ntougou veut bâillonner toutes les voix critiques tout en instaurant un climat de terreur. Désormais critiquer sa gestion, revient à s’exposer à l’exil provincial.
L’AGASA prise dans une spirale de défiance
Avec cette note, la crise change de nature. On passe d’un débat juridique sur les statuts à une crise de confiance entre la direction et le personnel. Le SYNATA voit la confirmation de ses craintes : une gestion par « coup de force » plutôt que par le respect des textes. Résultat : les 3 autres revendications du syndicat retour de la DAF, lumière sur les 200 carnets, saisine du Conseil d’Administration passent au second plan. L’urgence devient la défense des libertés syndicales.
Maintenant reste à voir si le Conseil d’Administration, déjà saisi par le syndicat, va décider de siffler la fin de la récréation.



