Kobé-Kobé : plusieurs partenaires, un seul maître d’ouvrage

Il y a, dans le projet Kobé-Kobé, une manière de faire qui dit beaucoup de la méthode gabonaise actuelle. Plutôt que de confier l’ensemble d’un chantier stratégique à un partenaire unique, le Gabon a choisi d’associer plusieurs pays, comme partenaires et fournisseurs des différentes composantes du complexe minier et portuaire.
Ce choix n’est pas anodin. Il traduit une volonté de diversification : ne pas dépendre d’une seule puissance, faire jouer les compétences là où elles sont les meilleures, et garder pour l’État la maîtrise d’ouvrage et la cohérence d’ensemble. Plusieurs continents autour de la table, mais un seul décideur, le Gabon.
Le projet lui-même est d’envergure : la mine de fer de Belinga, une ligne ferroviaire vers la côte, le port en eau profonde de Kobé-Kobé et le futur barrage de Booué pour l’énergie. Une chaîne complète dont la mise en service est visée à l’horizon 2030 et qui pourrait générer jusqu’à 160 000 emplois.
En filigrane, un message politique clair : le Gabon se veut un pays ouvert, stable et fréquentable, où l’investissement est protégé parce que la paix est préservée. La diversification des partenaires devient alors autant une stratégie économique qu’une doctrine de souveraineté. À l’heure de lancer les travaux, le chef de l’État assume cette approche inclusive comme une signature, celle d’un État qui rassemble les bonnes volontés sans se livrer à aucune.



