Dr Raïssa Inès Okouyi Ndong Assa : le pari d’une prise en charge de proximité pour renforcer la riposte contre le VIH dans le Moyen-Ogooué

Dans la lutte contre le VIH/sida, certaines décisions administratives changent durablement le quotidien des patients. Celle prise le 24 juillet 2026 au Centre Hospitalier Régional Georges Rawiri (CHRGR) de Lambaréné en fait incontestablement partie. À l’issue de la supervision formative des prestataires de santé de la province du Moyen-Ogooué, une avancée majeure a été actée : le CHRGR assurera désormais la prise en charge des personnes vivant avec le VIH (PVVIH), une mission qu’il n’exerçait pas jusqu’à présent.

Cette décision, portée sous le leadership de Dr Raïssa Inès Okouyi Ndong Assapi Directrice Générale du CHR Georges Rawiri, traduit une volonté claire : rapprocher les soins spécialisés des populations et renforcer la qualité de la réponse sanitaire face à une maladie qui demeure un défi majeur de santé publique.
La dernière journée de cette mission de supervision a été marquée par un atelier de restitution réunissant les responsables des structures sanitaires de la province. Les échanges ont permis de partager les résultats de l’évaluation de terrain, de rappeler les recommandations du Programme national de lutte contre les infections sexuellement transmissibles, le VIH et le sida (PNLIST) et de consolider les compétences des professionnels de santé.
Au-delà des présentations techniques, des outils indispensables ont été remis aux établissements : tests de dépistage du VIH, tests PCR pour le diagnostic, registres de suivi, algorithmes de prise en charge, protocoles thérapeutiques actualisés, guides techniques et préservatifs. Ces intrants constituent le socle d’une offre de soins efficace, continue et conforme aux standards nationaux.
Mais l’annonce qui a retenu toute l’attention concerne le CHR Georges Rawiri. Jusqu’à présent, les patients nécessitant une prise en charge spécialisée devaient être orientés vers d’autres centres, avec les contraintes que cela implique : déplacements, délais supplémentaires et risques d’interruption du suivi.
Cette réalité est désormais appelée à évoluer. Un médecin référent a été officiellement identifié, les traitements antirétroviraux (ARV) ont été mis à disposition et le Centre de Traitement Agréé (CTA) accompagnera les équipes du CHRGR à travers un programme de coaching et de mentorat afin d’assurer une montée en compétence progressive et durable.
Pour les spécialistes de la lutte contre le VIH, cette décision dépasse le simple cadre organisationnel. Elle répond à l’un des principes fondamentaux de la santé publique : rapprocher les services des populations afin de favoriser un dépistage plus précoce, une mise sous traitement rapide, une meilleure observance thérapeutique et une réduction de la transmission du virus.
Cette approche est en parfaite cohérence avec les ambitions du PNLIST et les engagements internationaux visant à renforcer l’accès universel aux services de prévention, de dépistage et de traitement. Chaque nouvelle structure capable d’assurer une prise en charge complète représente un gain considérable pour les patients, leurs familles et l’ensemble du système de santé.
La supervision formative conduite dans le Moyen-Ogooué illustre également une évolution des pratiques. Désormais, l’accent est mis sur l’accompagnement des équipes, le renforcement des compétences et l’amélioration continue de la qualité des soins, plutôt que sur une simple logique de contrôle.
Sous l’impulsion de Dr Raïssa Inès Okouyi Ndong Assa, le CHR Georges Rawiri franchit ainsi une étape importante de son développement. En intégrant la prise en charge des personnes vivant avec le VIH à son offre de soins, l’établissement affirme sa vocation d’hôpital de référence au service des populations duMoyen-Ogooué.
Au-delà des équipements et des protocoles, cette initiative rappelle une évidence : la lutte contre le VIH est avant tout un engagement humain. Chaque professionnel formé, chaque structure renforcée et chaque patient accompagné constituent une victoire contre l’épidémie.
Le défi reste immense, mais les décisions prises à Lambaréné témoignent d’une dynamique encourageante. Elles traduisent une vision où la proximité des soins, la qualité de l’accompagnement et la mobilisation des acteurs de santé deviennent les piliers d’une riposte plus efficace, plus équitable et plus durable contre le VIH au Gabon.



