Kobé-Kobé : le Gabon lance le grand chantier de l’après-pétrole

Le Gabon a engagé les travaux de son futur port en eau profonde de Kobé-Kobé, pièce maîtresse d’un projet appelé à transformer l’économie nationale. Situé sur la façade atlantique, dans la province de l’Estuaire, le site a été retenu pour des capacités naturelles que la configuration d’Owendo ne permet pas : un tirant d’eau visé de 14 à 16 mètres, de quoi accueillir les navires de grand tonnage.
Réduire Kobé-Kobé à un port serait une erreur. Le projet forme une chaîne complète et cohérente : la mine de fer de Belinga, dont les réserves comptent parmi les plus importantes encore inexploitées au monde ; une ligne ferroviaire reliant le gisement au littoral ; le port lui-même ; et, pour alimenter l’ensemble, le futur barrage hydroélectrique de Booué. De l’extraction à l’exportation, la valeur reste sur le sol gabonais, avec l’ambition d’une transformation locale d’une partie du minerai.
Porté par l’opérateur Africa Global Logistics dans le cadre d’une convention signée avec l’État en avril 2026, le complexe vise une mise en service à l’horizon 2030 et pourrait générer jusqu’à 160 000 emplois directs et indirects. Au-delà des chiffres, c’est un positionnement : faire du Gabon un hub logistique de référence pour l’Afrique centrale, à l’heure où la compétition entre ports de la sous-région s’intensifie.
En lançant ces travaux, le chef de l’État inscrit dans le réel une vision défendue de longue date, celle d’un pays qui sort de la dépendance au pétrole et bâtit sa souveraineté économique sur ses propres ressources. Kobé-Kobé en sera l’un des symboles les plus visibles.



