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Société

Détournement de 300 millions de FCFA au Laboratoire national : le rôle trouble du ministre des Travaux publics

IMG Edgard Moukambi, ministre des Travaux Publics.

La récente gestion du dossier impliquant la disparition de 300 millions FCFA au Laboratoire National du Bâtiment et des Travaux Publics (LNBTP) met en lumière des préoccupations quant à la prise de décision au sein du Ministère des Travaux Publics et de la Construction. La démarche de l'actuel ministre, qui agit de manière autonome, pose la question de son recours au conseiller juridique.

 

En réponse à nos précédentes publications sur cette affaire, plusieurs collaborateurs du ministère ont tenté de justifier maladroitement la position du ministre remettant en cause la décision souveraine du Conseil d'administration du LNBTP, qui avait suspendu le Directeur Général, Didier Koumba Bambi, pour détournement de fonds et refus de répondre à une convocation.  Les proches du ministre affirment qu’ Edgard Moukambi ministre avait le droit de lever cette suspension. Ce, en dépit  des conclusions accablantes d'un audit réalisé par le cabinet O&M Groupe. Lequel audit met en évidence des anomalies graves, telles que l'absence totale de documents comptables depuis 2015.

 

Face à des accusations aussi graves, M. Bambi a choisi de claquer la porte de la séance du conseil d’administration. Une attitude qui a poussé le Conseil d’administration à prendre, à son encontre, une mesure de suspension jusqu'à la conclusion d'enquêtes en cours. Cependant, le ministre des Travaux publics en s’opposant à cette décision, a demandé que les scellés de son bureau soient levés et que Bambi regagne son poste, ignorant ainsi la résolution collective du conseil d'administration.

 

Pour justifier cette démarche, le cabinet du ministre prétend que celui-ci a le pouvoir de contester la décision du conseil d'administration. Or, il est impératif de rappeler qu'un ministre de la République doit se conformer aux textes qui régissent son ministère et les entités associées. Les réglementations relatives au fonctionnement du LNBTP, reçues par le ministre depuis juin 2025, stipulent clairement que le directeur général, bien qu'ayant été nommé par le Conseil des ministres, opère sous le contrôle d'un conseil d'administration responsable du bon fonctionnement de l'établissement.

 

La levée des scellés et le rétablissement d’un directeur dont la gestion suscite des questions sérieuses démontrent un manque flagrant de compréhension des subtilités administratives et juridiques de la part du ministre des Travaux publique. On peut raisonnablement douter que le ministre ait agi en concertation avec son conseiller juridique. Si tel est le cas, cela soulève des soupçons quant à la pertinence des conseils reçus.

 

L'exemple de la suspension de l'ancienne DG de la CNAMGS, Mme Koye, illustre que les conseils d'administration disposent de prérogatives claires qu’aucune intervention ministérielle ne saurait interférer.

 

Cette situation soulève également des questions sur le véritable objectif de l’interférence du ministre. S’agit-il de protéger un proche, ou de mettre en œuvre une stratégie pour contrôler les enjeux liés à cette affaire sensible, au risque de perpétuer des détournements à la tête du LNBTP ?

 

Affaire à suivre !

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