Société

Emploi jeune : le PNPE dépassé, le Chef de l’État tape du poing sur la table et exige des résultats

C’était ce mardi 29 septembre. Au Palais. Une audience qui ressemblait à une feuille de route, voire à un avertissement. Le Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement, S.E. Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu la ministre du Travail et le Directeur Général du Pôle National de Promotion de l’Emploi (PNPE). Au menu : le chômage des jeunes, l’inefficacité du PNPE, et surtout, la fin de l’excuse.

Une audience qui a permis d’aborder sans filtre plusieurs enjeux majeurs liés à l’emploi et à la formation professionnelle au Gabon, notamment les difficultés rencontrées par le PNPE et la nécessité de renforcer son efficacité dans l’accompagnement des demandeurs d’emploi et la mise en relation avec les entreprises.

Le constat est connu de tous : le PNPE est dépassé. Plateformes obsolètes, mise en relation lente, formations déconnectées du marché. Face à l’urgence de la question de l’emploi des jeunes, qui est la bombe sociale numéro 1 de la Ve République, le Chef de l’État n’a pas fait dans la langue de bois.

Le Président Oligui Nguema a donné des orientations fortes, qui sont en réalité 4 chantiers urgents :

Moderniser et renforcer les plateformes numériques du PNPE : fini le PNPE en papier. Le Chef de l’État veut un PNPE digital, avec une base de données fiable, une application mobile, un suivi en temps réel. Un jeune à Oyem doit pouvoir postuler comme un jeune à Libreville.

Faciliter davantage la mise en relation entre les employeurs et les demandeurs d’emploi : c‘est le cœur du réacteur. Aujourd’hui, les entreprises disent « on ne trouve pas de profils » et les jeunes disent « on ne trouve pas d’emploi ». Le pont est cassé. Le Président demande de le reconstruire.

Renforcer l’organisation des examens professionnels : pour redonner de la valeur au diplôme technique et professionnalisant et lutter contre la fraude et le clientélisme.

Accorder une priorité au développement des formations scientifiques et techniques : c‘est le tournant le plus stratégique. Le Gabon ne peut plus former des milliers de diplômés en filières générales sans débouchés pendant que les chantiers, les usines de Nkok, les zones agricoles manquent de soudeurs, d’électriciens, de techniciens agricoles.

Le Directeur Général du PNPE a indiqué, au terme de cette audience, prendre  la mesure de  » la responsabilité qui est la nôtre dans la mise en œuvre de ces orientations et dans la transformation de notre service public de l’emploi, reconnait le DG. » Non sans relever :  » notre ambition est de faire du PNPE un outil plus moderne, plus digitalisé, plus performant et davantage connecté aux besoins réels des entreprises et aux aspirations des jeunes Gabonais. »

Le message est passé. Le Palais ne veut plus d’un PNPE guichet. Il veut un PNPE moteur. La balle est désormais dans le camp du PNPE. Les jeunes attendent des emplois, pas des communiqués.

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