Société

Rupture de médicaments : le Chef de l’État sonne la mobilisation générale du ministère de la Santé et de l’OPN

Après des mois d’alertes remontées par les dispensaires, centres de santé et hôpitaux du pays, la Présidence de la République a haussé le ton. Face aux ruptures de stocks constatées « dans plusieurs formations sanitaires à travers le territoire national », le Chef de l’État a instruit le ministère de la Santé et l’Office Pharmaceutique National, OPN, de « prendre des mesures immédiates ».

Le système d’approvisionnement est en panne

Le communiqué présidentiel, relayé par l’AGP, acte un constat que les malades et soignants vivent au quotidien : des pharmacies hospitalières vides, des traitements interrompus, des patients renvoyés faute de paracétamol, d’antibiotiques ou d’antipaludéens.

L’urgence d’agir : une rupture de stock dans un dispensaire de Ndendé n’est pas un incident. Multipliée à l’échelle du pays, c’est un _signal d’effondrement logistique_. Quand l’État central réagit par injonction présidentielle, c’est que les mécanismes ordinaires de distribution ont échoué.

Deux axes se dégagent des instructions présidentielles :

Le Chef de l’État exige des « mesures immédiates » pour garantir l’approvisionnement sur « l’ensemble du territoire ». Il insiste sur le « renforcement des mécanismes de distribution » et la « mise en place de dispositifs efficaces de prévention des ruptures ».

Le problème n’est pas que le manque de médicaments, c’est l’absence de chaîne logistique fiable. Commander des produits ne sert à rien s’ils restent bloqués à Owendo ou si aucun tableau de bord ne signale qu’un centre de santé de Makokou est à sec. L’OPN est donc sommé de passer d’une logique de stockage à une logique de flux tendu contrôlé.

Le président « a également réaffirmé sa volonté de moderniser le système de santé gabonais à travers la digitalisation des établissements sanitaires ». Selon le communiqué présidentiel, l’interconnexion des principales structures de santé du Grand Libreville et des centres hospitaliers régionaux est « déjà engagée ».

Cette réforme doit permettre d’ « améliorer la gestion des médicaments, la coordination des soins, le partage des données médicales et la prise en charge des patients ».

La digitalisation n’est pas un gadget. Un système interconnecté permet de suivre en temps réel les stocks de chaque formation sanitaire, d’anticiper les commandes, de tracer les médicaments et de couper l’herbe sous le pied aux détournements. Si un hôpital régional tombe à zéro, Libreville le sait le jour même, pas trois mois plus tard. Au-delà des stocks, c’est toute la continuité des soins qui est visée : dossier médical partagé, rendez-vous coordonnés, suivi des maladies chroniques.

 La finalité : un accès durable aux soins sur tout le territoire

Le communiqué est explicite : « à travers ces orientations, le Chef de l’État entend garantir aux populations un accès durable à des soins de qualité ainsi qu’à des médicaments disponibles sur l’ensemble du territoire national, dans le cadre de la réforme globale du système de santé. »

 

 

 

 

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