AGASA : cap sur les standards internationaux, Biyogue Bi Ntougou à l’école française de la rigueur sanitaire
Profitant d’une escale stratégique à Paris, le Directeur Général de l’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire (AGASA), Dr. Jean Delors Biyogue Bi Ntougou, n’est pas venu faire du tourisme institutionnel. Reçu à la très sérieuse Direction générale de l’alimentation du Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, il est allé chercher bien plus que des poignées de main diplomatiques : une méthode, une discipline, presque une doctrine.

Car derrière les sourires feutrés et les échanges techniques, se joue une transformation silencieuse mais décisive : la volonté affichée de standardiser l’AGASA selon des référentiels internationaux exigeants. Et dans le jargon de la sécurité alimentaire, “standardiser” n’est pas un mot creux. C’est un changement de culture.
Une visite qui ne doit rien au hasard
La DGAL n’est pas une administration anodine. C’est une machine bien huilée, où la traçabilité d’un steak peut être remontée comme une enquête policière, et où une alerte sanitaire déclenche des mécanismes dignes d’un centre de crise. Autant dire que pour l’AGASA, encore en pleine montée en puissance, le modèle a de quoi inspirer… voire impressionner.
Selon nos informations, les échanges ont porté sur des sujets clés : systèmes de traçabilité, gestion des alertes, coordination interinstitutionnelle. Autrement dit, tout ce qui fait la différence entre une agence qui subit les crises et une autre qui les anticipe.
L’analyse : un virage technocratique assumé
Ce déplacement marque une inflexion nette dans la stratégie du Dr Biyogue Bi Ntougou. Fini le temps des structures administratives approximatives, place à une agence qui veut parler le langage des normes, des protocoles et des indicateurs de performance. Un expert du secteur, contacté par notre rédaction, résume la démarche : « Ce que cherche à faire le Directeur Général, c’est inscrire l’AGASA dans une logique de crédibilité internationale. Et cela passe obligatoirement par la standardisation des pratiques. » Comprendre : harmoniser les procédures, formaliser les contrôles, documenter les interventions… bref, professionnaliser ce qui, hier encore, relevait parfois de l’improvisation administrative.
Ce partenariat avec la DGAL pourrait bien changer la perception même de l’AGASA au Gabon. Longtemps perçue comme une structure technique parmi d’autres, l’agence cherche désormais à s’imposer comme un acteur central de la santé publique. Et pour cause : dans un monde où les scandales alimentaires traversent les frontières plus vite que les marchandises, la crédibilité d’un pays se mesure aussi à la solidité de ses contrôles sanitaires. En s’adossant à l’expertise française, l’AGASA gagne en légitimité. Elle envoie un signal clair aux partenaires internationaux, aux investisseurs… mais aussi aux consommateurs gabonais : celui d’une institution qui se modernise et qui prend sa mission au sérieux.
Derrière la technique, une bataille politique
Car ne nous y trompons pas : la sécurité alimentaire est aussi un enjeu politique. Contrôler, c’est réguler. Réguler, c’est parfois déranger. Standardiser les pratiques, c’est aussi mettre fin à certaines zones grises. C’est imposer des règles là où régnaient parfois des arrangements. Et cela suppose une volonté forte, voire un certain courage administratif. Sur ce point, le Dr Biyogue Bi Ntougou semble avoir choisi son camp : celui de la rigueur.
À première vue, une simple réunion dans un bureau parisien. En réalité, un jalon stratégique dans la transformation de l’AGASA. Si les intentions se traduisent en actes, ce rapprochement avec la DGAL pourrait permettre à l’agence gabonaise de franchir un cap décisif : passer d’une administration de contrôle à une véritable autorité de référence en matière de sécurité alimentaire. Et dans un pays où la question sanitaire reste un enjeu majeur, ce n’est pas un luxe. C’est une nécessité.



