L’ex procureur général, Eddy Narcisse MINANG accusé de spoliation par une compatriote : « la puissance publique s’arrête là où commence la fonction de mon spoliateur »
Mme Malamba Marinette épse Colin, qui affirme avoir gagné deux fois en justice contre l’ex Procureur Général Eddy Narcisse MINANG dans un litige foncier à Port-Gentil, dénonce une « inexécution de décision de justice » et un « déni de droit ». Dans une lettre au Ministre de la Justice enregistrée le 25 juin 2026, elle décrit des huissiers « terrorisés » à l’idée d’exécuter les jugements.

« C’est le cœur lourd, épuisée par plus de dix années d’un combat asymétrique et destructeur ». C’est ainsi que Mme MALAMBA Marinette épse COLIN, résidente de Port-Gentil, s’adresse au Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, dans une lettre datée du 17 juin 2026. Mme Malamba « demande d’intervention urgente face à une inexécution de décision de justice et à un déni de droit ».
Le fond du litige : un décret d’attribution contesté, puis une revente alléguée
La plaignante affirme être « titulaire légitime d’un décret d’attribution d’une parcelle située sur la route de l’aéroport de Port-Gentil ». Elle accuse M. Eddy Narcisse MINANG, ex Procureur Général près la Cour d’Appel de Libreville, de s’en être « déclaré propriétaire » via des « manœuvres orchestrées avec le Directeur provincial du Cadastre de l’époque ».
Une « fallacieuse carence de mise en valeur » aurait été prétextée pour prononcer un retour au domaine, alors que la parcelle était, selon elle, « close par une barrière, viabilisée par la présence d’un compteur d’eau, et abritait déjà un soubassement ». Plus grave, M. MINANG aurait ensuite « revendu ce terrain à un tiers, Monsieur Aly BARDAI de nationalité libanaise, qui a bâti son projet sur mes propres infrastructures ».
Deux décisions de justice favorables, mais non exécutées
C’est le cœur de la deuxième partie de la lettre. Face à ce qu’elle qualifie de « spoliation flagrante », Mme MALAMBA dit avoir saisi le Tribunal administratif de Port-Gentil le 13 février 2019. Verdict : « Par un jugement rendu le 4 septembre 2020, la justice m’a donné raison en déclarant nulle et non avenue la décision de cession n°1484/MPITPHTAT/ANUTTC/DG ».
« Cette décision a été confirmée de manière définitive le 4 avril 2024 par la Cour d’Appel Administrative de Libreville, qui a déclaré l’appel du magistrat irrecevable en la forme », poursuit-elle. La plaignante affirme donc disposer de deux décisions de justice revêtues de la force exécutoire. Pourtant, écrit-elle, « le tiers acquéreur continue de jouir de ma propriété tandis que je reste spectatrice de ma propre spoliation, malgré mes titres et mes victoires judiciaires ».
Des huissiers « terrorisés » par le statut du Procureur Général
Pourquoi les jugements ne sont-ils pas exécutés ? Mme MALAMBA avance une explication : « La puissance publique semble s’arrêter là où commence la fonction de mon spoliateur ». Elle affirme que « les huissiers de justice que j’ai mandatés capitulent les uns après les autres, terrifiés à l’idée d’affronter la « toute-puissance » et le statut de Monsieur Eddy Narcisse MINANG, Procureur Général près la Cour judiciaire de Libreville ».
L’appel au Garde des Sceaux : « Faire triompher le droit sur l’influence »
« Monsieur le Ministre, vous êtes mon tout dernier recours », écrit Mme MALAMBA. Elle joint à sa lettre « la requête initiale, le jugement du Tribunal administratif de Port-Gentil, ainsi que l’arrêt de la Cour d’appel administrative de Libreville ».
Sa demande : « faire triompher le droit sur l’influence, restaurer l’autorité de la chose jugée et me permettre de rentrer enfin dans mes droits ». Elle conclut : « Mon salut et ma dignité dépendent aujourd’hui de votre haute intervention ».
À ce stade, du dossier Eddy Narcisse MINANG et M. Aly BARDAI n’ont pas encore fait connaître leur version des faits. Le Ministère de la Justice n’a pas communiqué sur la suite donnée à cette saisine.



