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Centrale d’Achat du Gabon: SOS Consommateur dénonce un marché de désillusions
Libreville, 7 août 2026. Il y a 4 mois, la CEAG - Centrale d’Achat du Gabon* devait être la réponse à la vie chère. Aujourd’hui, *SOS Consommateurs* dresse un bilan amer : espoir déçu, fonctionnement contestable, mission dévoyée.
Dans un communiqué publié ce jeudi, l’association tire la sonnette d’alarme sur l’efficacité de la centrale publique. Pour rappel, la CEAG a été créée le 12 août 2025. Elle a été officiellement lancée le 10 avril 2026 à Libreville. L’ambition était claire : réguler et faire baisser le prix d’une cinquantaine de produits de première nécessité.
A l’époque, l’annonce avait été saluée par les organisations de défense des consommateurs et largement relayée dans les médias. La raison : une inflation persistante et un coût de la vie devenus « difficilement supportables » pour les ménages gabonais.
Quatre mois après, le constat de SOS Consommateurs est « malheureux ».
Le premier marché pilote organisé à Akanda avait certes suscité une euphorie. La communication mettait en avant des prix en baisse d’au moins deux jours. Mais la suite déçoit. Les marchés itinérants se sont étendus à Owendo, Nkong-Ayong, Sibang et Mindoubé, puis à *Nkembo et Makokou le 30 août 2026*. Problème : ils ne reviennent que 1 fois par mois dans chaque zone. « Une organisation d’un marché itinérant une fois par mois ne répond pas aux réels besoins de consommation des ménages gabonais », dénonce l’association.
Pour SOS Consommateurs, les Gabonais font leurs courses au quotidien, en fonction de leurs revenus. Le modèle mensuel est donc « peu réaliste ». Surtout avec les coupures d’électricité qui compromettent la conservation des denrées dans les foyers. Résultat : une initiative prometteuse transformée en « mécanisme dont l’efficacité demeure fortement contestable ».
Le plus inquiétant pour l’association : la CEAG s’éloignerait de son objet social. Car cette structure a pour mission, entre autres, d’importer et acquérir les biens encadrés par l’Etat pour réduire les coûts, négocier et centralise* les commandes de produits de première nécessité, réguler les importations selon une liste officielle, délivrer des agréments à des opérateurs selon des critères objectifs et percevoir des commissions sur les opérations d’importation. Autrement dit : structurer le marché de gros, pas vendre au détail.
Or, selon SOS Consommateurs, les déclarations de la direction générale montrent une nouvelle orientation : assurer directement les commandes, l’importation et la mise sur le marché. Objectif affiché : réduire les intermédiaires et contrôler les prix. « L’Etat ne dispose ni des infrastructures logistiques nécessaires, ni de la maîtrise opérationnelle d’une chaîne d’approvisionnement nationale », met en garde l’association.
Autre point de tension : l’intervention d’un importateur privé facilement identifiable à travers les marques commercialisées, alors même qu’il ne figure pas parmi les actionnaires fondateurs. SOS Consommateurs termine sur une interrogation centrale : « Quelles sont les contreparties économiques, fiscales, douanières ou financières accordées par l’Etat à cet opérateur pour lui permettre de proposer des prix sensiblement inférieurs au marché ? »
Pour l’association, sans réponse claire, il est difficile de comprendre comment la CEAG peut tenir ses promesses de prix bas. En attendant, entre l’espoir de janvier et la désillusion d’août, les consommateurs gabonais attendent toujours des effets concrets sur leur panier de la ménagère.



