Enseignement supérieur : un milliard de Fcfa non justifié sur les vacations
Un audit commandé par le Chef de l'Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema épingle 12 établissements et ouvre la voie à des poursuites.
Le dossier des vacations dans l’enseignement supérieur vient de connaître un tournant. Un audit ordonné par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema met au jour un écart de 1 milliard 060 millions 193 mille 019 FCFA entre les montants initialement déclarés et les dépenses réellement justifiées. Les conclusions de ce contrôle ont été présentées le mardi 11 août au Vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, lors d’une audience avec le ministre de l’Enseignement supérieur, Pr Charles Edgar Mombo.
Au départ, la dette déclarée au titre des vacations s’élevait à 3 milliards 488 millions 406 mille 925 FCFA. Après vérification : plus d’un milliard n’a pu être justifié. L’audit, réalisé par la Direction de l’Audit et du Contrôle interne du ministère des Finances, a porté sur les années académiques 2023-2024 et 2024-2025. 12 établissements ont été contrôlés : facultés, grandes écoles et instituts de recherche.
Les irrégularités
Le rapport fait ressortir des anomalies administratives et comptables qui ont alourdi les dépenses : écarts dans les volumes d’heures déclarés, dépassements des plafonds réglementaires, absence de pièces justificatives, doublons dans les états transmis, éléments étrangers au périmètre des vacations : comme des prélèvements fiscaux non régularisés En gros, un système qui a laissé la porte ouverte à des failles et erreurs.
Au-delà de l’addition, l’audit veut refondre le dispositif. Parmi les recommandations : réviser le décret N°0011/PR/MESRSTT du 7 mars 2023 sur les obligations de service, renforcer le contrôle interne, harmoniser les états de paiement, fiabiliser le fichier des bénéficiaires. L’objectif : mettre fin aux failles et garantir une meilleure maîtrise des dépenses publiques.
Le gouvernement veut d’abord distinguer les sommes réellement dues de celles qui ne le sont pas. Mais Hermann Immongault a été clair : si des malversations financières ou des actes illégaux délibérés sont établis, des poursuites judiciaires pourront être engagées. Pour le Vice-président, il ne s’agit pas d’une logique punitive. « Elle vise surtout, selon le compte rendu, à instaurer une gestion plus vertueuse et rationnelle des ressources publiques ». En attendant d’éventuelles pièces complémentaires, l’audit pose les bases d’un traitement structurel* de la question des vacations. Un sujet *régulièrement au cœur des revendications* des enseignants du supérieur.



