34,1% d’étrangers au Gabon : un conseiller départemental du Ntem appelle le Chef de l’Etat à convoquer « les états généraux de la population gabonaise »
Michel Ella Mve, acteur politique, s’inquiète tu taux important d'étrangers au Gabon. Dans une lettre ouverte envoyée au Chef de l'Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema, le conseiller départemental plaide pour une réforme de la natalité, de la nationalité et du foncier.
Libreville, 9 septembre 2026 – L’alerte vient du nord du pays. Dans une correspondance adressée le 9 septembre à son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, un conseiller départemental du Ntem, dans la zone des Trois frontières, propose la convocation en urgence des États Généraux de la Population Gabonaise.
Au cœur de sa démarche : les résultats du Recensement Général de la Population et du Logement 2026, qui dressent un portrait inédit du Gabon. Sur 3 millions 518 mille 621 habitants que compte désormais le Gabon, seuls 2 millions 318 mille 365 sont Gabonais, soit 65,9%. Les 1 million 200 mille 256 ressortissants étrangers représentent 34,1% de la population.
Pour l’élu, le chiffre dépasse l’alerte. Il pulvérise le seuil de 3,6% fixé par l’ONU comme moyenne mondiale. « Si l’hospitalité du Gabon est une valeur historique », écrit-il, « ce taux de 34,1% représente un péril imminent pour notre souveraineté nationale ».
Le conseiller structure son argumentaire autour de 3 menaces qu’il juge existentielles :
La menace sur les équilibres fonciers à l’horizon 2050 : L’article 2 de la Constitution garantit l’égalité de tous devant la loi, « sans distinction d’origine ». Mais, souligne-t-il, les Gabonais d’origine, déjà moins nombreux, vivent dans les zones les plus denses. À force de droit coutumier, ils disposent naturellement de la terre. Or, si la tendance démographique s’inverse, « le principe du droit du sol conjugué au poids démographique de la population d’adoption » risque de conduire à des revendications foncières massives. De quoi, selon lui, « rompre l’équilibre foncier et socioculturel ancestral ».
L’attractivité du PNCD 2026-2030 : un aimant migratoire
Le Plan National de Croissance et de Développement 2026-2030 porté par le Président est salué. Mais il a un effet pervers : il rend le Gabon plus prospère et donc plus attractif. « Sans mécanismes de régulation, les projets d’infrastructures majeurs agiront comme un aimant permanent sur les flux migratoires extérieurs », prévient le conseiller.
Le risque de brassage culturel incontrôlé et de dilution politique
Élu du Ntem, zone frontalière, il dit constater au quotidien « les prémices d’un brassage culturel et ethnique asymétrique ». S’il n’est pas encadré, poursuit Michel Ella Mve, le danger est d’aboutir à « l’altération profonde de notre cohésion sociale, culturelle et, à terme, de notre souveraineté politique ».
Ce n’est pas une première. L’élu rappelle qu’en 2018, alors candidat aux législatives, il portait déjà une proposition de loi sur la natalité et la fécondité. Aujourd’hui, il estime qu’il n’y a plus de temps à perdre. Il demande donc au Chef de l’État de convoquer les États Généraux de la Population Gabonaise. Objectif : redéfinir de manière transversale les politiques de natalité, d’octroi de la nationalité et de gestion foncière.
« Il est impérieux de redéfinir de manière transversale, économique, politique, sécuritaire et démographique, nos politiques », insiste-t-il, se disant « entièrement disposé » à venir exposer l’intégralité de ses travaux législatifs au Président.
Cette lettre pose directement la question de l’identité nationale à l’heure du PNCD et des grands chantiers. Entre le devoir d’hospitalité inscrit dans l’histoire du Gabon depuis 1960 et la nécessité de préserver les équilibres démographiques, le débat s’ouvre.



