« Ceux qui ont été renversés fêtent leur renversement » : Ali Akbar Onanga s’indigne d’une situation politique ubuesque au PDG
Ali Akbar Onanga qui revendique toujours le titre de Secrétaire Général du Parti démocratique gabonais fustige une "alliance contre nature" de l'ancien parti au pouvoir, trois ans après le coup de Libération.
Libreville, 30 août 2026. Trois ans jour pour jour après le 30 août 2023, le Parti Démocratique Gabonais a choisi de marquer la date en prenant une part active à la parade dans la ville de Makokou, capitale provinciale de l’Ogooué-Ivindo. Une participation qui n’est pas passée inaperçue. Dans une déclaration cinglante, le Secrétaire général du PDG, Ali Akbar Onanga Y’Obégué, a dénoncé la confusion politique qui découle de cette situation.
Pour Ali Akbar Onanga, il y a des images qui se suffisent à elles-mêmes. « Le 30 août 2023, le PDG était renversé avec Ali Bongo Ondimba. Le 30 août 2026, ceux qui prétendent aujourd’hui incarner ce même PDG défilent pour célébrer cette date, sous le regard du pouvoir qui l’a renversé », écrit-il.
Le constat est sans appel : « Le parti renversé célèbre son renversement. Le tombeur regarde défiler ceux qu’il a renversés. Et tout le monde applaudit. » Une scène qui résume, selon lui, « où conduit la politique lorsqu’elle n’a plus ni convictions, ni mémoire, ni ligne, ni dignité ».
« La rupture dans les discours, la continuité dans les tribunes »
Le Secrétaire Général du PDG revient sur la promesse de rupture brandie en 2023. Trois ans plus tard, il dresse un bilan sévère. « On nous avait annoncé la rupture. Trois ans plus tard, les anciens renversés défilent devant les nouveaux dirigeants, les nouveaux dirigeants applaudissent les anciens renversés, et chacun semble parfaitement à l’aise dans cette extraordinaire confusion des rôles. »
Il pose alors la question centrale : « si le 30 août 2023 fut la rupture avec le système PDG, que vient donc célébrer le PDG le 30 août 2026 ? Sa chute ? Sa défaite ? Son éviction du pouvoir ? Ou simplement sa nouvelle proximité avec ceux qui l’en ont chassé ? »
Ali Akbar Onanga va plus loin et parle de « moquerie ouverte ». « Un régime un tant soit peu respectueux du peuple aurait au moins feint la gêne. Celui-ci n’en éprouve aucune : exhiber sans vergogne la complicité entre le déchu et celui qui l’a déchu, c’est se moquer ouvertement d’un peuple qui n’a jamais cautionné cette alliance contre nature. »
Pour lui, « ce n’est plus de l’impudence, c’est un aveu : la rupture promise n’aura été qu’un discours pour habiller un coup de force, jamais une volonté réelle de changement ». Le SG du PDG conclut sur une note de principe : « Un parti digne de ce nom ne danse pas à l’anniversaire de sa propre chute, et un pouvoir de rupture digne de ce nom ne transforme pas ceux qu’il prétendait avoir renversés en figurants de sa célébration ».
D’après lui, « cette image n’est pas celle de la réconciliation nationale, c’est celle de la confusion politique érigée en système ». Et de résumer sa vision du Gabon d’après 30 août : « la rupture dans les discours, la continuité dans les tribunes et la confusion dans la rue ».
Avec cette sortie, Ali Akbar Onanga Y’Obégué signe la position officielle du PDG pour ce 3e anniversaire de la Libération. Une position qui refuse la célébration et dénonce ce qu’il qualifie de trahison de l’esprit de rupture.



