BURKINA FASO : RSF dénonce des « raids numériques » contre les journalistes critiques

Harcèlement en ligne. Images détournées. Menaces de mort. Au Burkina Faso, la liberté de la presse ferait face à une nouvelle menace : les attaques numériques coordonnées.
Dans une enquête publiée jeudi 23 juillet, Reporters sans frontières – RSF accuse un groupe de cyberactivistes proches du pouvoir militaire de mener des « raids numériques » contre les journalistes critiques. Des actions qui, selon l’ONG, remonteraient jusqu’au ministre de la Défense.
La journaliste Yousra Elbagir en est l’exemple le plus récent. Correspondante britannico-soudanaise pour Sky News, elle faisait partie des rares journalistes étrangères autorisées à séjourner au Burkina Faso et à interviewer le capitaine Ibrahim Traoré, chef du pouvoir militaire depuis le coup d’État de septembre 2022.
Selon RSF, un raid numérique a été lancé contre elle immédiatement après. L’ONG désigne directement le responsable : le BIR-C, pour Bataillon d’intervention rapide de la communication. Présenté comme un groupe de cyberactivistes, le BIR-C aurait pour mission de relayer la propagande des militaires sur les réseaux sociaux. Et de s’en prendre à ceux qui la contestent.
Des centaines de messages ont été diffusés, principalement sur Facebook, pour discréditer la journaliste. Ce raid est intervenu après la diffusion, le 10 avril, de son documentaire sur la chaîne britannique.
Pour RSF, ces attaques marquent une dérive : le numérique utilisé comme outil d’intimidation contre la presse. Dans un contexte sécuritaire et politique déjà fragile depuis 2022, l’ONG alerte sur les risques pour le pluralisme et pour les médias qui couvrent le Burkina.



